S&P confirme le AA+ de la France, met en garde sur le déficit

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S&P CONFIRME LES NOTES SOUVERAINES DE LA FRANCE MAIS MET EN GARDE SUR LE DÉFICIT
S&P CONFIRME LES NOTES SOUVERAINES DE LA FRANCE MAIS MET EN GARDE SUR LE DÉFICIT

PARIS (Reuters) - L'agence de notation Standard & Poor's a annoncé jeudi confirmer les notes souveraines de la France en maintenant la perspective négative et en prévenant que l'objectif gouvernemental de réduction du déficit public ne sera pas tenu en 2013.

La note à long terme de la France est ainsi confirmée à AA+, niveau auquel elle a été ramenée en janvier, et celle à court terme à A-1+.

La perspective négative signifie que l'agence estime qu'il y a au moins une chance sur trois qu'un nouvel abaissement de note intervienne au cours de l'année 2013, précise S&P dans un communiqué.

L'agence justifie la confirmation des notes par "le fait que le gouvernement français est déterminé à mener des réformes budgétaires et structurelles, s'appuyant sur les mesures déjà annoncées pour renforcer le potentiel de croissance économique".

S&P salue notamment le "pacte de compétitivité" annoncé au début du mois par le gouvernement et son engagement à tenir ses objectifs budgétaires à moyen terme.

Elle souligne néanmoins "l'érosion significative" de la compétitivité de l'économie française qui s'explique selon elle "par les rigidités structurelles du marché du travail, une concurrence relativement restreinte dans certains secteurs des services et une fiscalité élevée".

L'agence estime que "des réformes supplémentaires seront mises en oeuvre à court terme, confirmant la volonté des pouvoirs publics d'amplifier les effets bénéfiques des mesures annoncées".

"Nous considérons que des réformes du marché du travail et du secteur des services seraient positives pour la compétitivité, la croissance économique et, par conséquent, pour la qualité de crédit" de la France.

"La perspective sur la note à long terme pourrait être ramenée à 'stable' si les pouvoirs publics parviennent à réduire des déficits de manière à stabiliser le ratio d'endettement public dans les trois prochains années", observe S&P.

"Des réformes structurelles d'envergure favorisant la compétitivité et la croissance de l'économie pourraient également permettre de ramener la perspective à 'stable'", ajoute-t-elle.

FITCH ATTENDUE EN 2013

S&P dit s'attendre à une stagnation de l'économie française cette année et à une croissance de 0,4% en 2013.

Le gouvernement prévoit une croissance de 0,3% pour l'année en cours et s'est fixé un objectif de 0,8% l'année prochaine.

En conséquence, S&P estime que si l'objectif du gouvernement de ramener le déficit public à 4,5% du PIB sera respecté cette année, l'engagement de revenir à 3% du PIB en 2013 ne pourra être tenu.

"Nous estimons que le déficit public s'établira à 3,5% en 2013 contre un objectif du gouvernement de 3% du PIB", écrit S&P, qui se cale ainsi sur les prévisions en la matière de la Commission européenne et du FMI.

S&P estime que l'activité est pénalisée par la poursuite de la mise en oeuvre du programme de consolidation budgétaire, l'affaiblissement de la consommation, la progression du chômage et le ralentissement de la hausse des salaires. Elle évoque aussi une atonie de l'investissement et l'évolution incertaine de la demande intérieure.

L'agence de notation Moody's a abaissé lundi d'un cran la note souveraine de la France de Aaa à Aa1, estimant que les perspectives de croissance économique à long terme du pays étaient notamment affectées par une perte de compétitivité graduelle et continue ainsi que par des rigidités à long terme de ses marchés du travail, des biens et des services.

Fitch, seule des trois grandes agences internationales à maintenir sa note AAA à la France, a indiqué qu'elle la réexaminerai au cours de l'année prochaine.

Dans un communiqué, le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici a déclaré prendre acte de la décision de S&P et insisté sur la volonté du gouvernement de mener à bien les réformes engagées.

"Pierre Moscovici tient à rappeler la résolution du gouvernement à mener à bien les ambitieuses réformes en cours et à poursuivre le redressement de l'économie française, dans la justice, et pour l'emploi", lit-on dans le communiqué.

Marc Joanny, Jean-Michel Bélot, édité par Yann Le Guernigou

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