S'offrir un petit coin de paradis sur une île

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Acheter une résidence secondaire dans une île, c'est devenir un peu îlien. Voir les choses sous un autre angle. De Belle-Île-en-Mer à la Corse en passant par Bréhat, l'île de Ré, Yeu ou Porquerolles, chacune a sa spécificité. On y trouve maisons et appartements pour tous les budgets. Visite guidée.

Au sud ou à l'ouest? Atlantique, Manche ou Méditerranée, à chacun son éden. Ceux qui rêvent d'acheter un pied-à-terre dans une île ont l'embarras du choix.

o Les petites méditerranéennes hors cote

Les privilégiés qui ont une maison à Porquerolles la gardent jalousement. Sur l'île, désormais classée réserve naturelle, le marché immobilier est quasi inexistant. «Porquerolles est un lieu à part, dont le caractère sauvage a été préservé, les transactions se font de bouche à oreille quand il y en a», explique Marc Renaud, le fondateur de la société de gestion Mandarine, qui y possède une résidence secondaire. Pas de boutiques de luxe et une clientèle essentiellement française qui vient y jouer les Robinson au soleil (il est interdit de construire une piscine) et profiter des petits chemins et des plages une fois les continentaux repartis par le bateau du soir. Les transactions sont rares. Les dernières, il y a quelques années, affichaient 1 million d'euros pour 70 mètres carrés.

Il n'y a presque pas de marché immobilier sur l'île de Porquerolles, où les quelques transactions existantes se font par le bouche à oreille.
Il n'y a presque pas de marché immobilier sur l'île de Porquerolles, où les quelques transactions existantes se font par le bouche à oreille.

Il n'y a presque pas de marché immobilier sur l'île de Porquerolles, où les quelques transactions existantes se font par le bouche à oreille. Crédits photo : sgustin78

Sur les îles de Lérins, en face de Cannes, c'est un monde de privilégiés. Sur l'île Sainte-Marguerite, se trouve une seule propriété, achetée il y a deux ans par un industriel indien.

o Toujours la magie corse

La Corse, elle, offre un vrai marché immobilier. «L'an dernier, les prix se sont envolés. Ils sont en train de se stabiliser, le marché est moins actif», explique Antoine Paoletti, notaire à Macinaggio en Haute-Corse, délégué de l'Institut notarial de développement immobilier. À Saint-Florent, avec 600.000 à 700.000 euros, on peut s'offrir une maison classique un peu éloignée de la mer.

Le golf de Porto, sur la cote Ouest de la Corse.
Le golf de Porto, sur la cote Ouest de la Corse.

Le golf de Porto, sur la cote Ouest de la Corse. Crédits photo : © Charles Platiau / Reuters/REUTERS

Les plus petits budgets s'orienteront vers des appartements ou des résidences groupées dans la plaine orientale dans des stations comme Moriani ou Cervione avec des 2 ou 3 pièces autour de 250.000 euros. Au sud, Bonifacio et Porto-Vecchio attirent toujours les people avec des plages aux eaux turquoise qui rivalisent avec celles du bout du monde et des prix qui n'ont rien à envier à ceux de la Côte d'Azur. «L'an dernier, une propriété de 19 hectares pieds dans l'eau a été vendue 10 millions d'euros dans le golfe de Sperone», explique Jean-Noël Marcellesi de l'Agence immobilière du golfe de Porto-Vecchio. Dans ce parc élitiste, le ticket d'entrée est à 4 millions d'euros pour 250 mètres carrés habitables en deuxième ligne et 3000 mètres carrés de terrain. C'est le spot le plus cher de l'île, talonné par Cala Rossa, où des maisons pieds dans l'eau sont actuellement en vente à 10 millions d'euros. À Porto-Vecchio, certaines maisons avec travaux se négocient tout de même à des prix plus accessibles, entre 800.000 euros et 1 million d'euros. Et, en s'éloignant un peu de la ville, les prix s'adoucissent. Des maisons à rafraîchir dans la charmante baie de Pinarello sont accessibles entre 1 et 2 millions d'euros.

o À Belle-Île-en-Mer, les prix restent raisonnables

«Quelle que soit leur fortune, les acquéreurs sur notre île sont des gens raisonnables, ils ne sont pas dans la démonstration», prévient Éric Lemarié, associé de l'agence Noury à Belle-Île-en-Mer. Comme dans la plupart des îles, l'offre est assez constante, alimentée par des ventes «forcées» (décès, problèmes de santé, divorce), tandis que les acheteurs se montrent un peu plus timides. Résultat: des prix contenus, voire légèrement orientés à la baisse. Pour lui, le c½ur du marché se situe entre 280.000 et 380.000 euros, comme cette petite maison de 2 chambres proche de la plage familiale de Donnant, affichée à 345.000 euros.

À Belle-Île, les maisons se vendant le mieux sont les petites résidences secondaires. Les grandes demeure
À Belle-Île, les maisons se vendant le mieux sont les petites résidences secondaires. Les grandes demeures, proche du centre-ville du Palais (photo) sont moins recherchées.

À Belle-Île, les maisons se vendant le mieux sont les petites résidences secondaires. Les grandes demeures, proche du centre-ville du Palais (photo) sont moins recherchées. Crédits photo : FRED TANNEAU/AFP

Dans la gamme supérieure, une maison quasi neuve à la déco très contemporaine, située à Bangor sur un vaste terrain (5600 mètres carrés) avec vue sur mer, est proposée à 695.000 euros. «Au-delà du million, c'est vraiment l'exception», précise Éric Lemarié. Jean-Paul Ballin, de l'agence Orpi, note, lui, une certaine torpeur du marché entre clients frileux et vendeurs qui se sont parfois retirés pour échapper à la nouvelle imposition des plus-values. Moyennant 286.000 euros, il propose à Bangor une maison «de pilote» en pierre traditionnelle avec son toit à quatre pans et son jardin pour 286.000 euros. Dans un format (215 mètres carrés) et une situation (proche du centre-ville du Palais) qui en font plutôt une résidence principale, il peine à vendre une belle demeure récente proposée à 470.000 euros.

o À Bréhat, les maisons de pêcheurs séduisent toujours

À en croire Roselyne Bothorel, directrice de l'agence Demeures du Littoral, Bréhat conserve la cote. «La demande est toujours forte, souligne-t-elle, et l'offre devrait se développer, notamment avec les successions et les indivisions trop compliquées à gérer.» La période euphorique est passée, mais tous les propriétaires ne l'ont pas encore admis. Pour preuve, une maison bien placée, à la vente depuis longtemps à 710.000 euros alors qu'elle l'estimait à 450.000 euros.

Sur l'île de Bréhat, la période faste est passée.
Sur l'île de Bréhat, la période faste est passée.

Sur l'île de Bréhat, la période faste est passée.

Ici, l'essentiel de la demande concerne des maisons de pêcheurs en pierre avec travaux pour un montant inférieur à 500.000 euros. Reste que dans ce «petit village» sans voiture, l'essentiel des transactions passe par le bouche-à-oreille.

o À Groix, l'offre est là

Non loin de Lorient, l'île est restée jusque dans les années 1940 le principal port français de pêche au thon. Il en est resté de très nombreuses maisons de pêcheurs dont bon nombre sont actuellement à la vente. «Nous avons globalement plus d'offres que de demandes, précise Béatrice Mattei, de l'agence Île et Côtier. Nous manquons de maisons autour de 200.000 euros, mais sur la tranche de 300.000 à 400.000 euros, la demande est plus faible.» À 318.000 euros, elle dispose actuellement d'une vaste maison à rénover du XIXe siècle avec 4 chambres et 1000 mètres carrés de terrain.

o De bonnes affaires à Noirmoutier

«Le marché semble un peu tétanisé, se désole Gabriel Soulard de l'agence Les Manoirs, à Noirmoutier. Nous avons pourtant des choses intéressantes à la vente, mais les acheteurs ne sont plus là.» Il évoque cette maison dans le bois de la Chaize, le coin le plus prisé de l'île, proche de la plage des Dames avec ses 4 chambres et ses 2400 mètres carrés de terrain qui ne trouve pas preneur à 695.000 euros. La clientèle locale de la région nantaise reste présente dans des tarifs de 200.000 à 300.000 euros, mais les gros budgets semblent être passés à autre chose. «Il y a une concurrence de plus en plus forte du bateau et certains préfèrent aujourd'hui consommer plutôt que d'acheter de l'immobilier», se hasarde Gabriel Soulard.

o L'île de Ré revient à la raison

À l'île de Ré, et plus particulièrement sur le secteur très recherché des Portes-en-Ré, l'essentiel de la demande se concentre sur des maisons avec 3 chambres et jardin pour un budget compris entre 600.000 et 800.000 euros. «Depuis trente ans, l'offre est stable, autour de 5 % des logements de l'île, estime Pierre-Loïc Vauchez, de l'Agence du Fier. Mais les très grosses ventes, elles, ne se font plus.» Il se souvient avec nostalgie de la période avant 2008 quand quatre ou cinq ventes par an s'établissaient entre 2 et 4 millions d'euros. «Aujourd'hui le gros du marché se situe entre 700.000 et 800.000 euros avec un maximum à 1,5 million. Le budget idéal, selon moi, se situant à 1,2 million.»

En 2009, cette villa de Saint-Martin-de-Ré s'est vendue pour 3,5 millions d'euros. Les prix sont aujourd
En 2009, cette villa de Saint-Martin-de-Ré s'est vendue pour 3,5 millions d'euros. Les prix sont aujourd'hui beaucoup moins élevés.

En 2009, cette villa de Saint-Martin-de-Ré s'est vendue pour 3,5 millions d'euros. Les prix sont aujourd'hui beaucoup moins élevés. Crédits photo : XAVIER LEOTY/AFP

La clientèle reste quasi exclusivement française avec quelques Belges ou des Français expatriés, pour l'essentiel des quadragénaires et quinquagénaires occupant des postes à responsabilité. La réélection de François Mitterrand en 1988 (et l'inauguration du pont au même moment) avait correspondu à un boom de l'immobilier sur l'île de Ré, se souvient Pierre-Loïc Vauchez. Pas sûr que l'arrivée de François Hollande soit saluée de la même manière.

o Les nouveaux amoureux de l'île d'Yeu

Après le sursaut des ventes immobilières fin 2011 (changement de fiscalité des plus-values) enregistré ici comme ailleurs, les professionnels attendaient un tassement des prix. «Cela n'a pas vraiment été le cas, s'étonne-t-on à l'agence Foncia, et nous avons même atteint des budgets jamais vus sur notre île, au-delà de 1,5 million.» Une nouvelle clientèle semble s'intéresser au secteur. Au-delà du million d'euros, on peut actuellement trouver une propriété de grand confort avec 8 chambres sur 4100 mètres carrés de terrain, ou une maison à Saint-Sauveur disposant de 4 chambres avec possibilité d'agrandissement.

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