Søderlund n'est pas le poids lourd espéré

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Alexander Søderlund a souffert mercredi contre le PSG (1-3), donnant du grain à moudre à ses détracteurs. Certes en difficulté face aux défenses physiques de L1, l'attaquant norvégien affiche pourtant des statistiques honorables chez les Verts.

Il n’est pas encore temps de tirer la sonnette d’alarme, loin de là. Mais la nouvelle prestation indigente d’Alexander Søderlund à la pointe de l’attaque stéphanoise mercredi n’a fait que confirmer le sentiment de ses détracteurs. L’international norvégien (28 ans) serait pataud, peu à son aise balle au pied, ne pèserait que trop peu dans son rôle de pivot et n’arriverait pas à combiner avec ses partenaires. Il a encore vécu une longue soirée en quart de finale de Coupe de France contre le PSG (1-3), comme beaucoup d’avant-centres avant lui face à la paire Thiago Silva - David Luiz. Ce qui pourrait être une circonstance atténuante ne suffit pas à excuser la copie rendue pour ceux qui lui tombent dessus à chaque sortie. Parce que trop, c’est trop selon eux. Depuis son arrivée début janvier en provenance de Rosenborg, où ses statistiques avaient de quoi faire rêver les supporters des Verts (51 buts en 92 apparitions toutes compétitions confondues), Søderlund peine à donner sa pleine mesure.

Søderlund - Beric, il y a match

Son aventure dans le Forez avait pourtant idéalement commencé, avec le but de la victoire dans le derby contre Lyon (1-0). Cette réalisation avait certes fait oublier 90 minutes sans relief, au cœur d’une équipe qui avait passé son temps à courir après le ballon et à défendre bas. Isolé en pointe, Søderlund avait fait ce qu’il pouvait et surtout ce qu’il fallait pour offrir un succès quasi inespéré à l’ASSE face au rival honni. Mais l’état de grâce s’est évaporé. La succession de Robert Beric, auteur de trois premiers mois séduisants avant d’être stoppé dans son élan par une rupture des ligaments croisés d’un genou, s’avère compliquée à assumer. Et pourtant, il soutient largement la comparaison dans les chiffres. Søderlund en est à deux buts et deux passes décisives en neuf matchs de L1, quand le Slovène affiche trois réalisations au compteur sur le même échantillon de rencontres disputées. C’est aussi vrai dans le jeu, où le natif de Haugesund réussit plus de passes-clés sur 90 minutes sur Beric (1,14 contre 0,83) et crée davantage d’occasions (1,37 contre 0,83).

Ses partenaires au soutien

Ce qui lui est reproché, ce sont ses difficultés dans les duels, qui sont incontestables dans les faits (30,68% de gagnés, contre plus de 38% pour Beric). Sa présence physique devait permettre à Saint-Etienne de jouer plus haut et de conserver le ballon dans les trente derniers mètres adverses. Au lieu de cela, Søderlund perd quantité de ballons et prive de munitions ses partenaires. Mais si son impact est suspect, il apporte autre chose à son équipe, par ses déviations et sa qualité de déplacements. Ses coéquipiers restent d’ailleurs à ses côtés et l’accompagnent dans son intégration, souvent difficile en France, en raison de la langue et des spécificités techniques de la L1. Une scène racontée par Christophe Galtier après la victoire à Bordeaux, où le joueur formé à Vard avait claqué un but et délivré une passe décisive en seconde période, le démontre. « J’ai aimé ce qui s’est passé à la pause dans le vestiaire avec Alexander, avait expliqué le coach stéphanois. Ses partenaires ont été très fédérateurs avec lui pour qu’il reste dans le match et qu’il soit efficace. Il l’a été ». Il faut désormais l’être plus régulièrement. Pour faire taire la contestation qui commence à poindre.

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