Ryad veut cacher le "crime" de l'exécution de Nimr, dit Rohani

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 (Actualisé avec déclarations, contexte §3-8) 
    DUBAÏ, 5 janvier (Reuters) - Le président iranien Hassan 
Rohani a estimé mardi que l'Arabie saoudite ne pourrait pas 
cacher derrière une rupture des relations diplomatiques le 
"crime" que constitue, selon lui, l'exécution du dignitaire 
chiite Nimr al Nimr. 
    "L'Arabie saoudite ne peut pas cacher le crime de la 
décapitation d'un dignitaire religieux en rompant les relations 
politiques avec l'Iran", a dit Rohani cité par l'agence de 
presse officielle Irna lors d'une rencontre avec le ministre 
danois des Affaires étrangères, Kristian Jensen, à Téhéran. 
    L'Arabie saoudite, Bahreïn et le Soudan ont rompu leurs 
relations diplomatiques avec l'Iran après l'attaque de 
l'ambassade saoudienne à Téhéran par des manifestants protestant 
contre l'exécution du cheikh Nimr, figure de la contestation 
contre le régime wahhabite. 
    "Nous pensons que la diplomatie et les négociations sont le 
meilleur moyen de résoudre les problèmes entre pays", a ajouté 
Hassan Rohani. "Les pays de la région peuvent la sauver des 
dangers du terrorisme par l'unité", a-t-il dit. 
    Le gouvernement iranien a tenté d'apaiser les tensions avec 
son rival régional en prenant ses distances avec l'attaque 
contre la mission diplomatique saoudienne et en accusant des 
éléments étrangers d'avoir organisé cette opération. 
    Un porte-parole du gouvernement iranien l'a même qualifiée 
de "suspecte" et de "favorable à la politique de l'Arabie 
saoudite". 
    Le ministre de la Justice Mostafa Pourmohammadi, cité par 
les médias iraniens, a suggéré que cette attaque avait été 
"préparée et soutenue par des agents infiltrés". 
    Chaque année, l'Iran célèbre la prise de l'ambassade des 
Etats-Unis à Téhéran en 1979. Depuis, plusieurs missions 
diplomatiques dans la capitale iranienne ont été attaquées par 
une foule de manifestants, celle du Koweït en 1987, celle 
d'Arabie saoudite en 1988, du Danemark en 2006 et de la 
Grande-Bretagne en 2011. 
     
     
     
 
 (Bozorgmehr Sharafedin; Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 
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