Ryad: un accord avec l'Iran relancerait la prolifération nucléaire

le
0

RYAD, 16 mars (Reuters) - Un accord international sur le programme nucléaire iranien risque de relancer la prolifération nucléaire, a prévenu lundi le prince saoudien Turki al Fayçal, ancien chef des services de renseignement du royaume wahhabite, dans une interview à la BBC. Le prince Turki, qui fut aussi ambassadeur de son pays à Washington et à Londres, a précisé que l'Arabie saoudite et d'autres pays demanderaient à bénéficier eux-aussi de tout ce que l'Iran pourrait obtenir des négociations en cours avec les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne et Allemagne). "J'ai toujours dit que quelle que soit l'issue de ces pourparlers, nous réclamerions la même chose", explique-t-il à la BBC. "Si l'Iran obtient la capacité d'enrichir de l'uranium, et quel que soit le degré d'enrichissement, l'Arabie saoudite ne sera pas la seule à demander la même chose", poursuit le prince Turki qui, s'il n'occupe plus de fonction officielle dans la hiérarchie du pouvoir saoudien, est considéré comme reflétant les analyses de la famille régnante. "Le monde entier sera une porte ouverte sur cette voie qu'on pourra suivre sans inhibition, et c'est là ma principale objection au processus du P5+1", ajoute-t-il. L'Arabie saoudite considère l'Iran comme son principal rival régional et redoute qu'un accord sur son programme nucléaire ne donne à la république islamique un avantage majeur. L'allègement progressif des sanctions imposées à Téhéran depuis 2006 augmenterait aussi ses capacités d'influence dans la région. L'Iran et le P5+1, qui sont parvenus à un accord intérimaire en novembre 2013, sont censés s'entendre d'ici la fin du mois sur un accord-cadre avec l'objectif de boucler d'ici la fin juin des négociations lancées en 2003. En échange d'une levée des sanctions, l'Iran, qui affirme que son programme n'a que des visées civiles, accepterait de limiter ses capacités d'enrichissement de l'uranium, étape indispensable à la fabrication de la bombe atomique, et serait l'objet d'un mécanisme de vérification de ses engagements. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, qui multiplient les rencontres depuis plusieurs semaines, se retrouveront ce lundi à Lausanne. Initialement prévue dimanche soir, leur rencontre a été différée de quelques heures en raison d'intenses consultations qui ont eu lieu dimanche entre représentants américains et iraniens. (voir ID:nL6N0WI0D7 ) Ce face-à-face doit donner le coup d'envoi d'un tour de table que les Occidentaux espère décisif dans la résolution du contentieux provoqué par le programme nucléaire mené par l'Iran. Une rencontre est également prévue ce lundi à Bruxelles, en marge du conseil des ministres européens des Affaires étrangères, entre les Européens impliqués dans le P5+1 et l'Iran. (voir ID:nL5N0WC484 (Angus McDowall; Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant