Ryad suspend le financement d'achats d'armes par le Liban

le , mis à jour à 19:17
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 (Actualisé avec réaction libanaise § 6-7) 
    DUBAI, 19 février (Reuters) - L'Arabie saoudite, déçue par 
l'attitude des autorités libanaises dans l'affrontement 
géopolitique qui l'oppose à l'Iran, a suspendu le financement 
d'achat d'armes par le Liban à la France pour un montant global 
initial de trois milliards de dollars, rapporte vendredi 
l'agence de presse saoudienne SPA. 
    Selon une source officielle citée par l'agence, le royaume 
saoudien a aussi annulé la dernière partie d'une aide d'un 
milliard de dollars destinée aux forces de sécurité libanaises. 
    Le royaume wahhabite avait promis cette aide financière à 
l'armée libanaise en 2013 avant de la concrétiser par un accord 
signé en novembre 2014 à Paris. Le président libanais Michel 
Sleiman, alors en fonction, avait salué à l'époque le plus gros 
crédit militaire jamais apporté aux forces armées du pays. 
    Une première livraison d'armes et d'équipements militaires 
français financée dans ce cadre est arrivé au Liban en avril 
2015 pour renforcer l'armée libanaise face aux répercussions du 
conflit syrien et à la menace djihadiste du groupe Etat 
islamique (EI). 
    Au total, une vingtaine de sociétés françaises sont censées 
participer à ce contrat qui porte sur des équipements 
terrestres, maritimes et aériens, dont des véhicules blindés, 
des pièces d'artillerie lourde, des missiles antichar et des 
mortiers et armes d'assaut, précisait-on alors de source proche 
du ministère français de la Défense.   
    Dans un communiqué, le Premier ministre libanais, Tammam 
Salam, a exhorté l'Arabie saoudite à "reconsidérer" sa décision. 
    "Nous exprimons notre profonde reconnaissance envers le roi 
Salman ben Abdelaziz et ses frères au sein de la direction 
saoudienne (...) et nous espérons un réexamen de cette décision 
de stopper l'aide destinée à notre armée et à nos forces de 
sécurité", ajoute-t-il. 
    Cité par SPA, le responsable saoudien note que Ryad a 
toujours soutenu le Liban. "Malgré ces prises de position 
honorables, le royaume d'Arabie saoudite s'est heurté dans les 
enceintes arabes, régionales et internationales à des prises de 
position défavorables du Liban, dans l'ombre de la confiscation 
de la volonté politique par le prétendu Hezbollah libanais", 
ajoute ce responsable. Le Hezbollah, mouvement chiite libanais, 
est financé et soutenu par l'Iran. 
    Le Liban, déplore cette source, n'a pas mis à profit de 
récentes réunions organisées par la Ligue arabe et 
l'Organisation de la coopération islamique (OCI) pour condamner 
"l'agression flagrante contre l'ambassade du royaume à Téhéran 
et son consulat à Mashhad". 
    L'exécution au début de l'année d'un imam chiite condamné à 
mort pour terrorisme en Arabie saoudite a mis à mal les 
relations entre les deux grandes puissances régionales. A 
Téhéran, une foule en colère a envahi l'ambassade d'Arabie 
saoudite, conduisant Ryad à rompre ses relations diplomatiques 
avec la république islamique.  
 
 (Sami Aboudi avec Laila Bassam et Mariam Karouny à Beyrouth et 
Marine Pennetier à Paris; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André 
pour le service français) 
 
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