Ryad recevra des armes françaises commandées pour Beyrouth

le , mis à jour à 16:59
2
 (Bien lire "Ryad") 
    PARIS, 5 mars (Reuters) - La France va livrer à l'Arabie 
saoudite des armes destinées à l'origine au Liban qui devait 
financer ce contrat de trois milliards de dollars grâce à une 
aide de Ryad, a fait savoir samedi le ministre saoudien des 
Affaires étrangères. 
    Les autorités saoudiennes, déçues par l'attitude de Beyrouth 
dans l'affrontement géopolitique qui les opposent à l'Iran, ont 
suspendu le mois dernier ces financements, ainsi qu'une autre 
aide d'un milliard de dollars. 
    "Les contrats seront bien appliqués mais le destinataire 
sera l'armée saoudienne", a déclaré Adel al Jubeir à des 
journalistes lors d'une visite à Paris. 
    Le royaume wahhabite avait promis cette aide financière à 
l'armée libanaise en 2013 avant de la concrétiser par un accord 
signé en novembre 2014 à Paris.  
    Une première livraison d'armes et d'équipements militaires 
français financée dans ce cadre est arrivée au Liban en avril 
2015 pour renforcer l'armée libanaise face aux répercussions du 
conflit syrien et à la menace djihadiste du groupe Etat 
islamique (EI).   
    Au total, une vingtaine de sociétés françaises sont censées 
participer à ce contrat qui porte sur des équipements 
terrestres, maritimes et aériens, dont des véhicules blindés, 
des pièces d'artillerie lourde, des missiles antichar et des 
mortiers et armes d'assaut, précisait-on alors de source proche 
du ministère français de la Défense. 
    Le différend entre Beyrouth et Ryad est apparu en janvier, 
lorsque le Liban a refusé de voter un communiqué arabe 
condamnant les attaques de représentations diplomatiques 
saoudiennes en Iran après l'exécution d'un dignitaire chiite, 
condamné pour terrorisme, par le royaume wahhabite.  
    La mise à mort du cheikh Nimr al Nimr a mis à mal les 
relations entre ces deux puissances régionales, qui défendent 
des positions souvent divergentes dans les grands dossiers 
moyen-orientaux, en particulier celui de la guerre en Syrie. 
    Téhéran plaide pour un maintien au moins temporaire de 
Bachar al Assad au pouvoir tandis que Ryad juge urgent de 
pousser le dirigeant syrien vers la sortie, comme l'a réaffirmé 
Adel al Jubeir lors de son passage à Paris.        
    "Pour nous, il est parfaitement clair que ce doit être au 
début du processus (de transition politique, NDLR), et non à la 
fin de ce processus. Il ne faut pas attendre 18 mois", a-t-il 
dit. 
    Les Etats-Unis et d'autres pays occidentaux ont longtemps 
posé un diagnostic similaire mais l'ont nuancé ces derniers 
mois, après l'entrée de la Russie dans le conflit, en septembre 
dernier, qui a permis au régime de consolider ses positions.     
    
 
 (Leigh Thomas, Simon Carraud pour le service français, édité 
par Pierre Sérisier) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • Berg690 il y a 12 mois

    C'est du billard à trois bandes rien de plus, ne soyons pas dupes!

  • Berg690 il y a 12 mois

    C'était prévu depuis le début. Cette transaction était très louche. Livrer des armes au Liban, payées par l'Arabie, puis annulation de la donation. Résultat livraison des armes a Deach via la Turquie.