Ryad prévient Poutine des "conséquences" de l'intervention en Syrie

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DUBAI, 12 octobre (Reuters) - Les ministres saoudiens qui ont rencontré ce week-end à Sotchi Vladimir Poutine et son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, leur ont dit que l'intervention militaire de la Russie en Syrie aurait de "dangereuses conséquences" avec une intensification du conflit et un appel d'air qui va aspirer des djihadistes du monde entier, rapporte une source saoudienne. Cette mise en garde a été exprimée par le ministre saoudien de la Défense Mohammed ben Salman, un des fils du monarque saoudien, et par le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al-Jubeir. "L'intervention de la Russie en Syrie va les engager dans une guerre de religion", a rapporté cette source. "La récente escalade contribuera à attirer les extrémistes et les djihadistes dans la guerre en Syrie", a-t-elle poursuivi. Ryad redoute aussi que les opérations aériennes de l'armée russe, en soutien au régime de Bachar al Assad, radicalise les musulmans sunnites du monde entier. Assad appartient à la communauté alaouite, une branche de l'islam chiite. Les représentants saoudiens ont également exhorté la Russie à participer à la lutte contre le terrorisme en Syrie en se joignant à la coalition existante, qui rassemble plus de 20 nations sous la conduite des Etats-Unis. Ils ont aussi réaffirmé qu'Assad devait quitter le pouvoir dans le cadre du processus négocié en juin 2012 à Genève. Le communiqué diffusé à l'issue de cette conférence de paix organisée il y a plus de trois ans en Suisse appelait à une "transition qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien et lui permette de déterminer lui-même son avenir en toute indépendance et de façon démocratique". "Assad devrait partir et les Saoudiens continueront de renforcer et de soutenir l'opposition modérée en Syrie", a dit cette source. La rencontre de dimanche à Sotchi, sur les bords de la mer Noire, était à un niveau sans précédent entre le dirigeant russe et des représentants de l'Arabie saoudite depuis que l'aviation russe est entrée en action dans le ciel syrien le 30 septembre. D'après Sergueï Lavrov, qui en a rendu compte dimanche, Poutine, qui s'est également entretenu avec le prince héritier des Emirats arabes unis, a déclaré à Mohammed ben Salman qu'il comprenait les inquiétudes de Ryad mais que leurs deux pays avaient en commun de ne pas tolérer l'établissement d'un "califat terroriste" en Syrie. (voir ID:nL8N12B0V2 ) (William Maclean; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • bordo le mardi 27 oct 2015 à 11:02

    Trop drôle, les saoudiens avec leur armée de grassouillets menacent la Russie.

  • charleco le lundi 12 oct 2015 à 18:31

    Ryad est alliée aux USA et à la Turquie pour soutenir les islamistes contre Assad. Seule la Russie a le Q propre et elle ne tient pas à ce que les islamistes arrivent chez eux (soutenus par les USA et les ONG).

  • M4709037 le lundi 12 oct 2015 à 16:42

    à quand le processus démocratique en Arabie Saoudite donneuse de leçon en Syrie ?