Ryad et ses alliés prêts à un dialogue sous condition avec le Qatar

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 (Actualisé avec ministre qatari § 8-9) 
    DUBAI, 31 juillet (Reuters) - L'Arabie saoudite, l'Egypte, 
les Emirats arabes unis et Bahreïn, réunis dimanche à Manama, la 
capitale bahreïnie, sont prêts à un dialogue avec le Qatar à 
condition que le petit émirat accepte certaines de leurs 
exigences, a annoncé le ministre bahreïni des Affaires 
étrangères. 
    Ces quatre Etats arabes ont rompu leurs liens diplomatiques 
et économiques avec Doha le 5 juin dernier, accusant l'émirat de 
soutenir des organisations terroristes et de se rapprocher de 
l'Iran, ennemi juré de Ryad. Doha rejette ces accusations.  
    "Les quatre pays sont prêts à un dialogue avec le Qatar à la 
condition qu'il proclame son intention sincère de cesser de 
financer le terrorisme et l'extrémisme et son engagement à ne 
pas s'ingérer dans les affaires extérieures de pays tiers", a 
déclaré cheikh Khalid ben Ahmed al-Khalifa lors d'une conférence 
de presse télévisée. 
    Le ministre bahreïni des Affaires étrangères a également 
noté que l'Arabie saoudite et ses alliés souhaitaient que le 
Qatar "réponde" à leurs treize demandes. 
    Parmi ces treize exigences "non négociables" formulées en 
juin figurent un arrêt du soutien apporté à des organisations 
islamistes comme les Frères musulmans, interdits en Egypte, la 
fermeture de la chaîne de télévision en continu Al Djazira, la 
fermeture d'une base militaire turque au Qatar et une prise de 
distance avec l'Iran. 
    "Nous sommes prêts à parler avec le Qatar sur la mise en 
oeuvre de ces demandes, sur la mise en oeuvre de ces principes, 
si le Qatar est sérieux, mais il est évident qu'il ne l'est 
pas", a déclaré le chef de la diplomatie saoudienne, Adel al 
Jubeir. 
    Les quatre pays ont énuméré en outre "six principes" qu'ils 
souhaitent voir respectés par le Qatar.  
    Le ministre qatari des Affaires étrangères cheikh Mohammed 
bin Abdoulrahman al Thani a rejeté l'appel des quatre pays et 
déclaré que les sanctions prises contre l'émirat étaient 
contraires au droit international. 
    "Il n'y a pas de vision claire (à l'issue de la réunion de 
Manama), il n'y a qu'une politique obstinée de la part des pays 
auteurs du blocus et un refus d'admettre qu'il s'agit d'actions 
illégales", a déclaré le chef de la diplomatie qatarie à la 
chaîne de télévision Al Djazira. 
    Les efforts de médiation déployés par le Koweït et 
impliquant les Etats-Unis ou la Turquie n'ont produit jusqu'ici 
aucun résultat.  
    Le journal panarabe Al Hayat, citant des responsables du 
Golfe, rapportait pour sa part dimanche que les quatre pays 
pourraient préparer de nouvelles sanctions économiques contre le 
Qatar. 
    Mais aucune annonce en ce sens n'a suivi la réunion de 
Manama. 
 
 (Sami Aboudi et Omar Fahmy; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre 
André et Julie Carriat pour le service français) 
 
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