Ryad dit avoir abattu un Scud tiré du Yémen par les Houthis

le , mis à jour à 13:40
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* Premier tir d'un missile balistique en deux mois de guerre * Le Scud a été abattu par deux missiles Patriot saoudiens * Escalade des combats à la frontière arabo-yéménite (Avec confirmation des Houthis §5) par Noah Browning et Mohamed Ghobari DUBAI, 6 juin (Reuters) - L'Arabie saoudite a abattu samedi un missile Scud tiré en direction de son territoire par les Houthis chiites yéménites et leurs alliés, annonce l'Agence de presse saoudienne. Le Scud, un missile balistique de 11 mètres de long et d'une portée minimum de 300 kilomètres, est le premier de cette catégorie à être utilisé depuis le début des bombardements au Yémen le 26 mars par une coalition menée par l'Arabie saoudite. Il a été lancé samedi à l'aube en direction de Khamis al Mouchaït, ville située dans le sud de l'Arabie saoudite, et a été intercepté par deux missiles Patriot, précise un communiqué du commandement de la coalition militaire arabe sunnite. La zone abrite la principale base militaire aérienne du sud du royaume. Il n'y a pas de site pétrolier dans le secteur. Al Massira, organe officiel des milices houthies, a confirmé le tir, ajoutant qu'il visait la base aérienne Prince-Khaled. La coalition arabe sunnite bombarde les milices yéménites houthies, soutenues par l'Iran, et leurs alliés, des unités de l'armée yéménite loyales à l'ancien président Ali Abdallah Saleh, depuis le 26 mars. Leur but est de remettre au pouvoir le président yéménite Abd Rabbou Mansour Hadi, qui s'est réfugié en Arabie saoudite. La coalition dit aussi vouloir supprimer la menace constituée pour l'Arabie saoudite et ses voisins par les roquettes yéménites. L'Iran et les Houthis démentent toute relation militaire ou économique. Les Houthis disent s'être emparés de la capitale, Sanaa, en septembre dernier dans le cadre d'une révolution contre un gouvernement corrompu. "LA BATAILLE QUE LES GENS ATTENDAIENT" Les frappes aériennes de la coalition arabe pilonnent quasi quotidiennement les entrepôts d'armes et de missiles de la capitale et les autres bases militaires au Yémen, mais le tir du missile Scud montre que le stock du pays reste important. Ali Abadallah Saleh, président du Yémen entre 1978 et 2012, a été contraint à la démission à la suite de manifestations liées aux printemps arabes mais l'armée lui reste en grande partie loyale. L'ex-chef de l'Etat s'est allié aux Houthis contre les partisans du président Hadi dans le sud du Yémen. La chaîne de télévision à capitaux saoudiens al Arabiya a qualifié les combats au sol qui se sont déroulés dans la nuit le long de la frontière comme de la plus "importante attaque" menée jusqu'ici par les forces houthies et la Garde républicaine, une unité proche de l'ex-président Saleh. "C'était la première confrontation menée par la Garde (républicaine) de Saleh. Les avions de la coalition et les (hélicoptères) Apache ont effectué des tirs au sol pendant dix heures", a déclaré un porte-parole militaire à la chaîne de télévision. Les Houthis, explique un de leurs porte-parole, Hamed al Boukhaiti, se sont lancés dans une escalade le long de la frontière. "La bataille a commencé à bloquer l'agression sur le Yémen, ce soir (...). C'est la bataille que les gens attendaient", a-t-il déclaré sur sa page Twitter dans la nuit. Vendredi, la coalition arabe a fait état de quatre militaires saoudiens tués, dont un officier, après une attaque lancée du côté yéménite de la frontière sur les villes saoudiennes de Djizan et Najran, situées de l'autre côté. Une conférence de paix à laquelle ont accepté de participer les Houthis et le gouvernement en exil est néanmoins prévue le 14 juin à Genève sous l'égide des Nations unies (Avec Mostafa Hachem; Danielle Rouquié pour le service français)

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