Rwanda, un procès historique

le
0
Rwanda, un procès historique
Rwanda, un procès historique

D'abord une voiture ouvreuse, puis deux camions transportant une quarantaine de miliciens. Ce 8 avril 1994, le dernier génocide du XXe siècle a commencé depuis quarante-huit heures. En trois mois, au Rwanda, il fera 800000 morts, en majorité des Tutsis, pour la plupart tués à coups de machettes. Les bourreaux mettent à l'?uvre un plan pensé des mois à l'avance.

Ce jour-là, dans le nord du pays, cette quarantaine de miliciens extermine en quelques heures, sur la colline de Kesho, près de 1500 personnes, hommes, femmes, enfants. Une dizaine de rescapés évoqueront la présence d'un homme, Pascal Simbikangwa, manifestement l'un des chefs de ces génocidaires. Il faut dire que l'intéressé est paraplégique, reconnaissable à son fauteuil roulant.

Son procès s'ouvre aujourd'hui devant les assises de Paris. Il est, en France, le premier du genre. Pascal Simbikangwa, 55 ans, est accusé de complicité de génocide. Au terme de l'instruction, qui a suivi son arrestation fortuite à Mayotte en 2008, sa participation au massacre de Kesho, comme à d'autres assassinats, n'a finalement pas été retenue, au grand dam des parties civiles. D'où la seule accusation de complicité. « Nous voulions faire appel de la mise en accusation, mais comme il est en détention provisoire depuis quatre ans, il y avait un risque qu'il soit libéré », décrypte Me Simon Foreman, avocat du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Il est toutefois vrai, comme l'ont noté les juges, que « compte tenu du temps écoulé entre les événements et la déposition des témoins, des divergences existent ». Et pour cause : il aura fallu presque vingt ans, jour pour jour, pour que l'un de ces génocidaires rwandais présumés, réfugiés en grand nombre sur le sol français, ne comparaisse devant un jury.

Simbikangwa est donc un symbole. Me Alexandra Bourgeot, l'un de ses deux avocats commis d'office, le reconnaît : « Cette ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant