Russie unie remporte les législatives mais recule par rapport à 2011

le , mis à jour à 23:19
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 (Actualisé avec résultats partiels, participation à 18h00) 
    par Andrew Osborn 
    MOSCOU, 18 septembre (Reuters) - Russie unie, parti 
favorable au président Vladimir Poutine, a remporté sans 
surprise les élections législatives de ce dimanche avec 44,5% 
des voix, mais perd 4,5 points par rapport au scrutin de 2011, 
selon un sondage de l'institut VTsIOM réalisé à la sortie des 
urnes.  
    Les nationalistes du Parti libéral démocrate de Russie 
(PLDR) arrivent en deuxième position avec 15,3%, talonnés par le 
Parti communiste, crédité de 14,9%. Russie juste obtiendrait 
8,1%.  
    L'opposition dite libérale reste quant à elle sous les 5% 
nécessaires pour être représentée à la Douma, mais certains de 
ses candidats peuvent néanmoins être élus à titre individuel. 
Les premiers résultats partiels communiqués à 19h30 GMT, qui 
portent sur 11% des voix, confirment ceux du sondage sortie des 
urnes.  
    "Nous pouvons dire avec certitude que le parti a gagné", 
s'est félicité Vladimir Poutine, qui s'exprimait en présence de 
du Premier ministre Dmitri Medvedev, chef de file de Russie 
unie, au siège du parti. 
    "La situation n'est pas facile. Les gens le sentent et ils 
veulent une situation politique stable", a-t-il poursuivi, sans 
commenter le recul par rapport à 2011. La formation avait alors 
obtenu 49% des voix.  
    Alors que le chef de l'Etat jouit toujours d'une popularité 
élevée malgré un sévère ralentissement économique lié à 
l'effondrement des cours du pétrole, ces élections législatives 
peuvent être vues comme un tour de chauffe avant le scrutin 
présidentiel de 2018, auquel Vladimir Poutine sera selon toute 
vraisemblance candidat. 
    Elles permettront en outre d'évaluer la capacité du Kremlin 
à éviter une reprise de la contestation qui avait suivi le 
scrutin de 2011. Dénonçant des fraudes, l'opposition avait alors 
organisé de vastes manifestations contre Vladimir Poutine à 
Moscou. 
    Les opérations de vote ont débuté à 20h00 GMT samedi dans la 
péninsule de Tchoukotka, qui fait face à l'Alaska, et se sont 
achevées à 18h00 GMT dans l'enclave de Kaliningrad, territoire 
le plus occidental du pays.  
    Russie unie occupe 238 des 450 sièges de la Douma sortante, 
elle contrôle les parlements régionaux et son action est 
généralement dépeinte sous un jour favorable par la télévision 
publique, principale source d'informations pour une majorité de 
Russes. 
    Le parti, qui peut compter sur l'appui des trois autres 
formations représentées à la Douma, profite en outre du fait 
qu'il est étroitement associé dans l'esprit des électeurs à 
Vladimir Poutine, dont la cote de popularité se situe aux 
alentours de 80% après 17 années au pouvoir, en tant que 
président ou Premier ministre. 
    La popularité du chef de l'Etat, qui est âgé de 63 ans, n'a 
pas souffert des sanctions occidentales imposées à la Russie, 
présentées par le Kremlin, repris par les médias officiels, 
comme une volonté d'affaiblissement du pays après son annexion 
de la Crimée en 2014. 
     
    OBSERVATEURS DE L'OSCE 
    A l'inverse, l'opposition dite libérale, qui ne comptait 
qu'un seul représentant à la Douma, se plaint de ne pas avoir 
accès aux plateaux de télévision, d'être calomniée par les 
médias d'Etat et de voir ses rassemblements électoraux 
systématiquement perturbés par des provocateurs favorables au 
pouvoir, ce que le camp présidentiel dément. 
    Le principal défi pour le Kremlin sera celui de la 
participation. A 18h00, c'est à dire deux heures avant la 
clôture du scrutin dans la capitale, elle était de 39,4%, selon 
la commission électorale. En 2011, 60% de l'électorat avait pris 
part au scrutin.  
    Vladimir Poutine n'a pas encore dévoilé ses intentions pour 
2018. S'il se lance et l'emporte, il restera au pouvoir jusqu'en 
2024 au moins, soit plus longtemps que l'ancien dirigeant 
soviétique Léonid Brejnev.  
    Soucieux d'éviter une répétition des manifestations de 2011, 
le Kremlin assure que ces élections seront les plus honnêtes 
dans l'histoire récente de la Russie. 
    Des observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la 
coopération en Europe (OSCE) ont été autorisés à veiller au bon 
déroulement du scrutin et la commission électorale centrale a 
été renouvelée et dotée en mars d'une nouvelle présidente, Ella 
Pamfilova. 
    Les autorités ont aussi rétabli un système de vote jugé plus 
équitable, avec la moitié des députés élus au scrutin uninominal 
et l'autre moitié élue au scrutin de liste. La Douma sortante a 
été élue intégralement au scrutin de liste. 
 
 (Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief 
pour le service français) 
 
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