Russie: la torture pratiquée dans les camps, affirme une ONG

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L'opposant russe Ildar Dadine lors d'une manifestation anti-Kremlin à Moscou, le 6 avril 2014 ( AFP/Archives / PHILIPP KIREEV )
L'opposant russe Ildar Dadine lors d'une manifestation anti-Kremlin à Moscou, le 6 avril 2014 ( AFP/Archives / PHILIPP KIREEV )

Une ONG russe a présenté lundi à Moscou le témoignage d'une dizaine de personnes sur la pratique de tortures dans un camp de Carélie (nord-ouest de la Russie), dénoncées par l'opposant Ildar Dadine qui y est détenu.

"Plusieurs ex-détenus et proches de victimes confirment les informations de Dadine sur les tortures, humiliations et passages à tabac réguliers" dans ce camp, a déclaré le chef de l'ONG "Pour les droits de l'Homme" Lev Ponomarev au cours d'une conférence de presse.

Ildar Dadine, 34 ans, qui purge une peine de deux ans et demi de camp pour "manifestations non-autorisées", a affirmé avoir été torturé par ses gardiens.

Lundi, l'administration pénitentiaire russe (FSIN) a affirmé qu'"après vérification, les faits dénoncés par Dadine sur l'usage illégal de pressions physiques contre les détenus, n'ont pas été confirmés".

"C'est un simulateur de talent doté d'une imagination extraordinaire", a déclaré le directeur adjoint du FSIN, Valéri Maksimenko, cité par les agences russes.

L'ex-dissident soviétique et défenseur des droits des prisonniers Valéri Borchtchev, qui a rendu visite à Ildar Dadine le 12 septembre dans ce camp, avait indiqué avoir constaté sur ses poignets des traces profondes laissées par des menottes.

"Ce qu'a raconté Dadine est mot pour mot ce qu'a subi mon fils Zelimkhan", a raconté Larissa Guéliskhanova au cours de la conférence de presse.

"La torture la plus courante est l'écartèlement, quand les gardiens écartent les jambes du détenu. Mon fils a eu les articulations rompues", a-t-elle souligné.

"Arrêtez les tortures, libérez Dadine" peut-on lire sur l'affichette tenue par cet homme devant l
"Arrêtez les tortures, libérez Dadine" peut-on lire sur l'affichette tenue par cet homme devant le siège des Services pénitenciers fédéraux de Russie, le 1er novembre 2016 ( AFP / Vasily MAXIMOV )

Selon l'avocate Anna Koutouzova, qui s'est rendue sur place il y a dix jours pour rencontrer Zelimkhan Guéliskhanov, "tortures, coups de marteau et écartèlement sont pratiqués dans ce camp".

Une autre témoin, Janetta Gabzaeva, a affirmé que son fils Khasboulat, avait été "suspendu par les jambes puis battu avec un marteau jusqu'à perdre conscience".

Interrogés lundi par Skype pendant la conférence de presse, quatre anciens détenus ont eux aussi affirmé que passages à tabac, écartèlements, menaces de viol et exposition au froid sans vêtement par moins 15° étaient pratique courante dans ce camp.

Jeudi dernier, le Parlement européen a réclamé la "libération immédiate" de l'opposant et demandé aux autorités russes de conduire "une enquête exhaustive et transparente sur les allégations formulées par Ildar Dadine de tortures et de mauvais traitements, avec la participation d’experts indépendants en matière de droits de l’homme".

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