Russie-Baisse du taux directeur, la reprise jugée "imminente"

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 (Actualisé avec précisions et commentaire) 
    MOSCOU, 10 juin (Reuters) - La banque centrale de Russie a 
réduit son principal taux d'intérêt d'un demi-point à 10,5% 
vendredi, une première baisse depuis juillet 2015 qui illustre 
la confiance de Moscou dans le recul de l'inflation et dans une 
reprise économique présentée comme "imminente". 
    Cet assouplissement était anticipé par la majorité des 
économistes et analystes mais d'autres s'attendaient au maintien 
de la politique monétaire. 
    Après s'être contractée de 3,7% l'an dernier, l'économie 
russe semble désormais repartir de l'avant grâce au rebond 
rapide des cours du pétrole et à la baisse de l'inflation.  
    Pour justifier sa décision, la banque centrale, qui n'exclut 
pas une nouvelle baisse des taux, "prend acte d'une tendance 
positive allant dans le sens d'une inflation plus stable et d'un 
reflux des anticipations d'inflation et des risques d'inflation 
en regard du contexte de reprise imminente de la croissance 
économique". 
    Le rouble s'est orienté à la hausse après sa décision, une 
réaction inhabituelle puisqu'une baisse de taux réduit en 
théorie l'attrait d'une devise pour les investisseurs. Mais ce 
facteur semble céder le pas aux commentaires favorables de la 
banque centrale sur la santé de l'économie russe. 
    "Le marché a interprété favorablement la décision de la 
banque centrale", a dit Sergueï Romantchouk, responsable des 
marchés devises et monétaires de Metallinvestbank. 
    "La banque centrale est prudente et si même elle a décidé de 
réduire les taux dans la situation actuelle, cela signifie que 
son évaluation des perspectives de croissance économique et de 
baisse de l'inflation sont assez fiables." 
    Dans un communiqué, la banque centrale dit prévoir un 
redémarrage de la croissance du produit intérieur brut (PIB) au 
second semestre de cette année et une croissance de 1,3% en 
2017. 
    "Les tendances positives de l'économie ne s'accompagnent par 
d'une hausse des pressions inflationnistes", ajoute-t-elle. 
    Au contraire, le recul marqué de l'inflation depuis un an 
avait alimenté les conjectures sur la possibilité d'une détente 
sur les taux.  
    L'inflation est restée stable à 7,3% durant les trois 
derniers mois, un constat meilleur que prévu et qui laisse 
penser que l'institut d'émission est bien parti pour atteindre 
son objectif d'une inflation à 4% d'ici la fin 2017. 
    Ce ralentissement de la hausse des prix s'explique notamment 
par le rebond du rouble, qui a repris environ 25% sur son plus 
bas record de janvier, grâce à la remontée des cours pétroliers 
mondiaux. 
 
 (Jason Bush et Lidia Kelly, Wilfrid Exbrayat et Marc Angrand 
pour le service français) 
 
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