Russels Investments mise sur les marchés émergents

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(AOF) - Après des années de difficultés et de sous-performance, les actifs des marchés émergents présentent les conditions d'un redressement potentiel. L'opinion positive des stratèges de Russell Investments sur le long terme vis-à-vis des devises et des obligations des marchés émergents, repose sur un processus d'investissement, axé sur les trois éléments que sont : le cycle économique, la valorisation des actifs et le sentiment des investisseurs.

Ces dernières années, les obligations et les devises des marchés émergents ont été affectées par une série d'événements préjudiciables, notamment des pressions inflationnistes persistantes, des bouleversements politiques et une faible croissance de la productivité, souligne Alain Zeitouni, directeur des gestions de Russell Investments France. 

Cette année toutefois, "nous observons une amélioration indéniable des fondamentaux économiques des pays émergents". Le cabinet Oxford Economics s'attend par exemple à ce que la croissance du produit intérieur brut (PIB) des pays émergents soit supérieure de 2 % à celle des pays développés en 2016.

Russell Investments estime que cette amélioration pourrait permettre aux devises et aux emprunts d'État des marchés émergents d'afficher de meilleures performances pour une période prolongée.

"Selon nous, la classe d'actifs la plus susceptible de bénéficier de ce redressement économique est la dette émergente en devise locale. Celle-ci comprend les obligations émises par les gouvernements de pays émergents dans leur monnaie nationale, telles que le réal brésilien, le peso mexicain, le rouble russe et la livre turque", indique le directeur.

Certes, l'actualité en provenance des pays émergents reste préoccupante à certains égards, notamment la récente tentative de coup d'État en Turquie et la propagation du virus Zika au Brésil. "Pour identifier les paramètres les plus pertinents, notre équipe de stratèges analyse l'ensemble des classes d'actifs à la lumière de notre processus d'investissement reposant sur le cycle économique, la valorisation des actifs et le sentiment des investisseurs", explique Alain Zeitouni.

"Nos critères de valorisation indiquent que la dette émergente en devise locale se négocie à des niveaux attractifs d'un point de vue historique, principalement du fait de l'évolution des devises des pays concernés. Nous estimons en effet que ces dernières ont subi une dépréciation d'ampleur telle qu'elles sont désormais nettement sous-valorisées. À fin juin 2016, les taux de change pondérés en fonction des échanges et ajustés de l'inflation de grands pays émergents comme le Mexique et l'Afrique du Sud affichaient des niveaux largement inférieurs à leurs moyennes sur dix ans. Sur un horizon de trois à cinq ans, les devises des pays émergents sont, selon nous, davantage susceptibles de rester stables, voire de s'apprécier par rapport au dollar US.", constate le directeur. 

Bien qu'à plus long terme les pays concernés restent confrontés à des faiblesses structurelles sur le plan économique, les progrès observés récemment sont encourageants. Les indicateurs avancés des pays émergents se redressent depuis quelques mois, augurant une accélération de la croissance au deuxième semestre 2016. En particulier, l'inflation est en recul dans des pays comme le Brésil et la Russie. Ce ralentissement est une bonne nouvelle pour les taux de change et la croissance économique car il permet aux banques centrales d'abaisser leurs taux d'intérêt. La prudence est cependant de mise face aux risques liés à l'impact potentiel d'un ralentissement prononcé de l'économie chinoise sur les actifs des marchés émergents et à l'éventuel relèvement des taux d'intérêt de la Réserve fédérale américaine (la Fed).

Toutefois, le momentum de la classe d'actifs est en passe de devenir positif. L'indice JP Morgan Emerging Market Government Bond (GBI-EM) Global Diversified, un indice largement utilisé pour évaluer la performance de la classe d'actifs, a ainsi gagné plus de 18 % entre le 1er janvier et le 16 août 2016 après avoir enregistré une baisse vertigineuse lors des 18 mois précédents.

Malgré les risques potentiels évoqués plus haut, les stratèges de Russell Investments estiment que les perspectives des devises et de la dette en monnaie locale des pays émergents sont positives. Par rapport aux obligations des pays développés, le profil risque-rendement de la dette émergente en monnaie locale semble désormais plus favorable.

"De ce fait, les portefeuilles multi-actifs gérés par Russell Investments France ont intégré cette classe d'actifs depuis le début de l'année en raison à la fois de niveaux de survalorisations des obligations d'Etats des pays développés et également des perspectives favorables d'appréciation des devises émergentes.", conclut le directeur.

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