Rugby: Yannick Nyanga refuse la polémique football-rugby

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par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Par les larmes qui ont inondé son visage pendant la Marseillaise, Yannick Nyanga est devenu une vedette du match France-Australie, samedi au Stade de France, mais il se retrouve bien malgré lui au coeur d'une énième polémique entre football et rugby.

Mardi, au Centre national du rugby de Marcoussis, le troisième ligne du Stade Toulousain a expliqué, un brin gêné, son émotion par le fait que ce match mettait un terme à cinq années d'absence en sélection nationale.

"C'est gênant parce que c'est intime mais je n'ai pas honte", a dit celui que certains surnomment "la panthère".

"C'est facilement compréhensible mais c'est aussi difficilement explicable", a-t-il ajouté, avant de s'y essayer.

"Ce sont des moments tellement spéciaux. Tu te prives pendant des années de quelque chose que tu aimes énormément, tu bosses, on te dit que tu vas bientôt l'avoir et quand tu t'y retrouves, c'est spécial."

Entouré et soutenu pendant l'hymne par ses amis de toujours, Frédéric Michalak et Dimitri Szarzewski, Nyanga avait aussi des proches en face de lui avant de jouer son 26e match avec le XV de France, à 28 ans.

"Les places réservées à ton père, ta mère ou ta copine sont très faciles à visualiser. Moi, cet hymne, je l'ai entendu et vu à la télé je ne sais combien de fois, là, c'était plus émouvant que d'habitude, alors j'ai craqué", raconte-t-il.

"C'était presque comme une première fois, j'avais peur de ne pas être à la hauteur."

"C'EST NUL DE COMPARER"

Dès le lendemain du match, un montage a circulé sur internet où se côtoient deux photos prises pendant la Marseillaise : une de Nyanga en larmes, l'autre des footballeurs Samir Nasri et Karim Benzema, hilares et détachés.

La comparaison n'est pas du tout du goût de Yannick Nyanga et l'agace même.

"C'est nul de comparer les choses, de vouloir diviser les gens. Moi, j'aime toutes les équipes de France. En 1998, personne ne se posait la question de savoir qui chantait ou non l'hymne, mais tout le monde était dans la rue pour fêter la victoire (en Coupe du monde de football)", dit-il.

"On a déjà vu Fabien Barthez rigoler et personne n'avait aucun doute sur l'amour qu'il portait à la France."

Lancé, Yannick Nyanga a souhaité que cesse cette mise en concurrence récurrente du football et du rugby.

"Les valeurs, bien sûr que le rugby en a, et de très fortes, mais dans les autres sports aussi. Je n'ai jamais fait de foot, je ne sais pas comment cela se passe... Mais comparer, diviser, dire que c'est mieux ailleurs, qu'est-ce qu'on en sait ?", demande-t-il.

Et devant le silence de ses auditeurs, il ajoute : "En tout cas, je ne sais pas et ceux qui le savent, tant mieux pour eux. Je ne sais pas ce que pense untel ou untel quand il sourit ou pleure. Personne ne le sait alors il ne faut pas juger."

"Une sélection ça ne se vole pas et chacun la vit comme il l'entend."

Edité par Jean-Paul Couret et Grégory Blachier

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