Rugby: Yannick Nyanga jouera comme pour une dernière sélection

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par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Après avoir baigné de quelques larmes ses retrouvailles cinq ans après avec le XV de France face à l'Australie et brillé contre l'Argentine, Yannick Nyanga attend de pied ferme les Samoans pour le dernier test de la tournée d'automne, samedi.

"On va les jouer chez nous, devant notre public et on a envie de bien terminer", prévient le troisième ligne tout en estimant que ce match sera certainement le plus difficile.

Puisqu'il fait de l'humilité sa ligne de conduite, le discours de Nyanga sur ces futurs adversaires ne surprend pas.

Mais quand on cherche à lui faire relativiser le niveau des Samoans et la confiance accumulée du XV de France, il coupe net.

"Vous pouvez me citer un seul joueur qui est passé à côté de son match face aux Gallois ? La percée du 8, vous l'avez vue comme moi. En battant le Pays de Galles, ils nous ont envoyé un message, on est prévenu, ils seront là et prêts", dit-il.

L'analyse continue, ponctuée de détails et d'exemples, soutenue par des statistiques à la minute près. Alors, personne n'insiste parce que Yannick Nyanga a certainement raison.

Sa maturité et la qualité de ses discours impressionnent. La réflexion, le Toulousain se l'autorise mais il dit ne pas lui consacrer tout son temps non plus.

"Tout va tellement vite, tu es obligé de passer à autre chose rapidement. Le calendrier est assez fou, voire infernal, tu n'as pas le temps de regarder derrière toi ni trop loin devant", explique-t-il.

"RIEN DE PIRE QUE LES REGRETS"

Alors, le Tournoi des VI Nations...?

"C'est loin ! Avant, il y a le Top 14 avec le match face à Clermont, puis il y a la Coupe d'Europe. Tellement de choses peuvent arriver d'ici le mois de février", assure-t-il.

En attendant se profile le match de samedi, au Stade de France. Après, on verra bien.

"Participer à cette tournée, sportivement, c'est top parce que tu joues au meilleur niveau possible et humainement, c'est une fierté. Samedi, je jouerai comme si c'était ma dernière sélection", dit-il.

Travailleur acharné, le troisième ligne a toujours refusé de se laisser aller à la morosité ou à l'aigreur après un échec.

"Pendant les moments difficiles, tu as le droit de mettre le genou à terre quelques instants puis tu te relèves", dit-il.

"Je suis plus fort qu'avant, c'est sûr. Je ne sais pas si je suis plus mature et d'ailleurs, je m'en fous. Mais aujourd'hui, je sais ce qu'il faut faire pour rester, je me donne à fond parce qu'il n'y a rien de pire que les regrets."

Plus fort qu'avant, plus lucide aussi.

"Jeune, on te pardonne beaucoup plus. Quand tu fais bien, on te dit que tu seras le plus grand, le plus beau, le plus fort. Et quand tu rates, on te dit que ce n'est pas grave, que ça te fait avancer, etc.", dit-il.

"Et puis, il y a un âge où on ne te pardonne plus."

Yannick Nyanga, de toute manière, ne veut plus qu'on lui pardonne.

"Mes proches, mes coéquipiers, le public", lance-t-il, "je veux les rendre fiers et je n'ai pas envie qu'on se dise ?Qu'est ce qu'il fout là, lui ?'"

Edité par Jean-Paul Couret et Chrystel Boulet-Euchin

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