Rugby: Wesley Fofana, jeune insouciant

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WESLEY FOFANA OU LA JEUNESSE INSOUCIANTE
WESLEY FOFANA OU LA JEUNESSE INSOUCIANTE

par Cécile Grès

MARCOUSSIS, ESSONNE (Reuters) - Avant d'affronter l'Australie, Wesley Fofana avait surpris tout son monde en regrettant d'être titularisé à l'aile et plutôt qu'au centre. Une victoire et un essai plus tard, il ne regrette pas son franc-parler.

"Sur le coup, je me suis dit que j'aurais préféré être au centre, donc je l'ai dit, c'est tout", a-t-il dit mercredi au Centre national du rugby de Marcoussis.

"Je n'ai pas eu de remarques de la part des entraîneurs mais je me suis bien fait chambrer par mes coéquipiers."

Le Clermontois précise qu'il "n'a pas eu de retour " sur sa prestation individuelle contre les Australiens. "Je n'ai absolument aucune idée du poste auquel je vais jouer face aux Argentins", ajoute-t-il, presque désabusé.

Et s'il a marqué le deuxième essai de la victoire des Bleus sur les Wallabies au Stade de France, il ne lâchera que quelques mots polis à ce sujet, se disant "content d'avoir marqué".

Cet essai fut son cinquième en équipe de France depuis sa première sélection, le 4 février dernier, pour le Tournoi des VI Nations. En club, depuis le début de la saison, il en est déjà à trois en Top 14, contre cinq sur toute la saison 2011-2012.

"Je ne compte pas mes essais...", coupe-t-il avant de se détendre un petit peu : "Mais je crois que je suis à une bonne moyenne, oui !"

"JE N'AI PAS PEUR"

Son attitude hors terrain est à l'image de celle qu'il revendique sur la pelouse : Wesley Fofana fonctionne à l'instinct et refuse de cogiter.

"Sur les ballons hauts par exemple, si tu commences à te dire qu'il y a un mec en face de toi qui arrive aussi et qu'il va peut-être y avoir un choc, tu ne t'en sors pas. Moi je ne réfléchis pas", raconte-t-il.

"Je n'ai pas peur grâce à ça. La peur, elle ne vient que si tu penses à elle."

Presque fougueux, le Clermontois n'a pas non plus réfléchi lorsqu'il a été à la limite du plaquage-cathédrale sur l'ailier australien Adam Ashley-Cooper, samedi à Saint-Denis. Il s'est tout de même accordé un dixième de seconde de regret.

"Oui, là, j'avoue que sur le moment, je me suis dit que mon geste n'était pas forcément très... réglementaire on va dire. Mais bon, dans ces moments, quand tu as commencé, tu ne peux pas revenir en arrière."

"Je me suis retourné vers l'arbitre, j'ai eu peur un quart de seconde et j'ai vu qu'il ne sortait pas de carton donc je me suis tout de suite remis dans le match."

A 24 ans, le joueur a toute la panoplie du jeune insouciant. Il a même osé chambrer son coéquipier-star Frédéric Michalak après la victoire de Clermont sur Toulon en Top 14 juste avant France-Australie.

"On a regardé le match tous ensemble, à la fin, j'étais tellement content pour mon club que j'ai un peu taquiné Fred", rigole-t-il.

Edité par Jean-Paul Couret et Grégory Blachier

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