Rugby: Sébastien Vahaamahina, deuxième ligne d'avenir

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SÉBASTIEN VAHAAMAHINA S'INSTALLE CHEZ LES BLEUS
SÉBASTIEN VAHAAMAHINA S'INSTALLE CHEZ LES BLEUS

par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Arrivé récemment au rugby à XV, le deuxième ligne de Perpignan Sébastien Vahaamahina est en train de s'installer chez les Bleus avec lesquels il devrait fêter samedi face à l'Afrique du Sud sa neuvième cape en un an.

Ce rendez-vous avec les Springboks, pour lequel il a été retenu mardi dans le groupe des 23 Bleus, ne l'effraie guère.

"Les Sud-Africains, je ne les connais pas plus que ça donc ils ne m'impressionnent pas trop. Tout le monde parle de Bakkies Botha mais c'est un joueur comme un autre", murmure-t-il.

A tout juste 22 ans - il les a eus le mois dernier -, le Catalan n'est pas loquace : renfermé, le regard rivé sur ses chaussures et la voix presque inaudible, il est aussi silencieux que brillant sur un terrain.

Formé à Brive, ce natif de Nouméa (Nouvelle-Calédonie) n'a découvert le rugby à XV qu'à son arrivée en France métropolitaine, en 2010.

"Avant, je ne faisais que du rugby à VII. Les mêlées, c'était trois contre trois, il n'y avait pas de contact", se souvient-il.

Il a appris très vite, au point de signer à Perpignan un an seulement après avoir débarqué à Brive et de connaître, le 10 novembre 2012, sa première sélection avec les Bleus lors d'une victoire sur l'Australie (33-6).

"Franchement, je ne sais pas comment ils ont fait pour me prendre, je jouais très peu à l'USAP à cette époque", avoue-t-il.

Il n'a joué que 79 minutes en Top 14 lors de sa première saison en Catalogne, en 2011-2012.

L'année suivante, il n'a quasiment jamais été titulaire lors de la phase aller mais l'encadrement des Bleus, particulièrement l'entraîneur des avants Yannick Bru, croit en lui.

"Il me dit tous les jours que j'ai une marge de progression énorme. Alors je travaille", résume Vahaamahina.

L'AVENIR

De l'avis de beaucoup, le Perpignanais est une pépite, un surdoué, le prochain titulaire indiscutable à son poste avec les Bleus.

"Je ne me pose pas la question, je sais juste que quand je vois un ballon, ma tête sait exactement ce que je dois faire avec", explique-t-il.

Son point fort peut surprendre pour un deuxième ligne puisqu'il c'est son jeu debout et sa technique de passe qui a marqué les esprits. Des réflexes hérités de sa pratique d'autres sports.

"J'ai commencé par le handball, j'aimais bien. Enfin, ce qui m'amusait surtout c'était de tirer au but du plus loin possible. D'ailleurs, j'ai testé le javelot aussi, mais ça j'ai moins aimé", se souvient-il.

Il n'a vraiment découvert les contacts qu'à son arrivée en métropole.

"Maintenant, j'aime vraiment ça, c'est une vraie épreuve de force et ce que je ressens quand j'avance après l'impact est assez plaisant. Par contre, quand je recule, je suis vexé", avoue-t-il.

Froid, féroce, percutant, le joueur ne goûte pourtant que très peu la bagarre. L'échange musclé qui a valu des cartons rouges à Yoann Maestri et au Tongien Sona Taumalolo samedi dernier Havre, l'a d'ailleurs marqué.

"Tu ne peux pas faire ça... Moi je crois que je n'ai jamais donné un seul coup de poing de ma carrière en Top 14. En Nouvelle-Calédonie, c'est autre chose, le jeu est méchant, il y a beaucoup de bagarre. En France, je ne peux pas me comporter de façon violente", raconte-t-il.

Samedi soir, il faudra néanmoins se montrer suffisamment agressif pour contenir les Springboks.

"Je sais", assure-t-il en souriant.

Edité par Simon Carraud et Jean-Loup Fiévet

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