Rugby-Maestri, le successeur attendu dans la cage bleue

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LES BEAUX DÉBUTS DE MAESTRI EN BLEU
LES BEAUX DÉBUTS DE MAESTRI EN BLEU

par Mathieu Baratas

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Premières sélections, premières titularisations, premières louanges, le deuxième ligne Yoann Maestri réussit son apprentissage du haut niveau avant de prendre la succession de son ainé Lionel Nallet en équipe de France.

Titulaires en Ecosse (23-17) puis contre l'Irlande (17-17) après des débuts tranquilles face à l'Italie (30-12), le joueur de Toulouse enchaînera dimanche, face à l'Angleterre, sa troisième titularisation d'affilée dans le Tournoi des Six Nations.

L'éclosion de ce produit de la filière fédérale était attendue depuis son année au pôle France en 2008 et espérée par Philippe Saint-André dans une équipe de France vieillissante.

"Il a été hyper actif, hyper discipliné, un gros travail en défense. Il a couru six kilomètres et réalisé des plaquages énormes", a ainsi décrit le sélectionneur au sortir de la victoire bleue en Ecosse.

"On est content de voir Maestri pendant 80 minutes", a-t-il souligné le lendemain du nul face à l'Irlande.

Lors de son premier match en entier sous le maillot bleu, le jeune joueur de 24 ans au gabarit hors norme (2,02 m, 120 kg) a en effet brillé par son activité dans les zones d'affrontement et en conquête.

"Je l'avais vu à la télé, grand et costaud. Mais j'ai été frappé par la capacité d'un joueur avec un tel gabarit à se relever si vite. Il plaquait et se rendait disponible pour intervenir immédiatement sur l'action suivante. Je pense qu'il est là pour un bon petit moment", a commenté le deuxième ligne et capitaine de l'Irlande, Paul O'Connell, juste après son premier affrontement avec Maestri.

"LES PIEDS SUR TERRE"

Interrogé sur ce concert de louanges, il est gêné et préfère "être les pieds sur terre".

"La satisfaction dure très peu de temps. Dès le lundi, on passe à autre chose. Quand on sort de nos matches, on sait ce qu'on a fait de bien ou pas", avoue Yoann Maestri, qui se refuse à commenter son excellente prestation de dimanche contre l'Irlande.

"L'ambition en équipe de France comme en club est d'être le meilleur sur le terrain match après match. Si on se projette à très long terme, on peut se griller", dit-il.

Depuis plusieurs semaines, Maestri s'inspire de ses aînés et s'inscrit dans les pas de Lionel Nallet (73 sélections) qui prendra sa retraite internationale à 35 ans après le dernier déplacement au pays de Galles (17 mars).

"Par leur parcours, ils montrent que ce sont d'énormes bosseurs, rigoureux", a dit Yoann Maestri en incluant aussi son coéquipier dans la cage Pascal Papé. "J'ai la chance d'être au contact de ces joueurs. Lionel (Nallet) me donne des petits conseils comme avant l'Ecosse. Des trucs simples et importants pour jouer."

Formé à l'école toulonnaise, il a appris par la suite à combiner puissance, mobilité et intelligence à Toulouse sans jamais renier son appétence pour le combat.

"C'est l'avenir du rugby français, c'est bien qu'il fasse de bonnes prestations", s'est réjoui Papé. "On a besoin de joueurs comme lui."

Edité par Olivier Guillemain

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