Rugby: les Bleus sourient aux piques de la presse néo-zélandaise

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par Mathieu Baratas

TAKAPUNA, Nouvelle-Zélande (Reuters) - "French farce", "B team": les critiques du plus grand quotidien du pays, le New Zealand Herald, suscitées par la composition du XV de France pour le choc face à la Nouvelle-Zélande, a davantage tiré un sourire aux Bleus qu'un agacement mercredi en conférence de presse.

"La presse locale doit avoir du mal à vendre des journaux. C'est de bonne guerre. La bonne réponse à apporter, c'est sur le terrain samedi. Mais cela m'a fait sourire", a dit le deuxième Pascal Papé

Depuis plusieurs semaines, les médias néo-zélandais se demandaient avec insistance si la France allait faire l'impasse sur cette rencontre très attendue.

La victoire de l'Irlande sur l'Australie (15-6) samedi a relancé cette question. En finissant deuxième de son groupe derrière la Nouvelle-Zélande, la France se retrouverait dans un tableau avec des équipes européennes, évitant l'Afrique du Sud et l'Australie sur le chemin d'une éventuelle finale.

Dans ce contexte, les choix du sélectionneur tricolore Marc Lièvremont prennent plusieurs sens.

Titulariser le demi de mêlée Morgan Parra à l'ouverture et laisser sur le banc le talonneur William Servat ou encore le troisième ligne Imanol Harinordoquy font de ce quinze de départ une "équipe B" affirment les médias néo-zélandais, en particulier pour l'éditorialiste anglais du plus grand quotidien du pays, Peters Bills.

"La France a dévalué le match de Coupe du monde attendu avec le plus d'enthousiasme depuis quatre ans et infligé un énorme camouflet à l'IRB", écrit-il, évoquant dans une tribune publiée mercredi dans le New Zealand Herald une "insulte" aux 60.000 spectateurs qui ont acheté leur billet pour assister au choc de la poule A.

"MOTIVATION SUPPLÉMENTAIRE"

"Vu l'équipe alignée, ce n'est pas une équipe B. Si c'est l'équipe B, j'aurai bien aimé en faire partie", a rétorqué le troisième ligne Imanol Harinordoquy, remplaçant samedi.

Les médias néo-zélandais semblent avoir la réponse à une question souvent posée par les médias français: quel est l'équipe type du quinze de France ? Depuis le début de la Coupe du monde, Lièvremont ne cesse de changer son quinze de départ et se refuse à parler d'un quinze type.

"C'est leur point de vue. Je ne pense pas que la volonté du coach est de mettre l'équipe B même s'il y a pas mal de changements. Je crois qu'il n'y a pas d'équipe A ou B", a dit le centre Maxime Mermoz.

Et Dimitri Szarzewski, Lionel Nallet, Thierry Dusautoir, le capitaine, Dimitri Yachvili, Morgan Parra, Aurélien Rougerie, Vincent Clerc ou Maxime Médard, tous sur la pelouse de l'Eden Park samedi, ressemblent plus à des cadres qu'à des remplaçants.

"C'est un manque de respect pour les joueurs alignés samedi. Cela nous motive plus que cela nous démotive", a dit plus sérieusement Papé. "C'est une motivation supplémentaire."

Cette polémique journalistique vient rappeler l'enjeu de ce All Blacks - France après les deux défaites néo-zélandaises en Coupe du monde, en demi-finale en 1999 (43-31) et en quart de finale en 2007 (21-19), qui traumatisent encore aujourd'hui le "Pays du long nuage blanc".

"Ils ont un besoin de se rassurer pour nous battre en Coupe du monde après ces deux défaites", a dit l'ailier Vincent Clerc. "Cela ne m'agace pas, plutôt sourire. On a l'impression qu'il y a une attente énorme sur ce match. Mais pour nous cela reste un match de poule. Il n'éliminera pas l'équipe perdante et ne fera pas gagner la Coupe du monde."

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