Rugby: les Bleus, si proches et si loin des All Blacks

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LE XV DE FRANCE BATTU 26-19 PAR LES ALL BLACKS
LE XV DE FRANCE BATTU 26-19 PAR LES ALL BLACKS

par Simon Carraud

PARIS (Reuters) - Le XV de France a une nouvelle fois pris conscience samedi, lors de la défaite essuyée face aux All Blacks au Stade de France (26-19), que l'écart de niveau avec les champions du monde est à la fois infime et gigantesque.

Il est infime parce que les Bleus ont tenu le choc pendant toute la première période, parce qu'ils ont conservé le ballon 60% du temps et parce qu'ils ne sont passés pas loin du match nul en fin de rencontre.

Mais il est considérable parce que la Nouvelle-Zélande n'a connu aucune baisse de régime en 80 minutes, parce qu'elle a fait preuve d'un redoutable réalisme pour inscrire ses deux essais, et parce qu'elle a infligé à la France sa quatrième défaite en autant de confrontations cette année.

"Comme souvent, ça se joue à des détails. On a peut-être manqué de lucidité à un moment donné et voilà, ça nous a coûté cher", a déploré Morgan Parra à la sortie des vestiaires. "Ça se joue à rien, c'est pour ça que c'est frustrant."

"Aujourd'hui, on est tout près, on le sent", a ajouté le demi de mêlée, buteur attitré des Bleus. "Je pense qu'on a su rivaliser avec cette équipe, maintenant ils faut gommer ces petites imperfections."

Parmi les imperfections auxquelles songe Morgan Parra, il y a notamment ces quelques moments d'absence dont les All Blacks ont profité en inscrivant deux essais en contre, grâce à Charles Piutau (47e) et Kieran Read (65e).

Les Bleus ont également intérêt à trouver au plus vite le moyen de marquer sur leurs temps forts, lorsqu'ils dominent et campent dans les 22 mètres adverses.

Autour de la trentième minute, puis de nouveaux dans les cinq dernières, ils ont donné le sentiment qu'ils étaient à deux doigts de percer le mur face à eux mais ils se sont à toujours heurtés à une défense impeccable des Blacks.

C'est un mal récurrent pour la bande de Thierry Dusautoir, qui n'avait réussi à marquer qu'un essai lors de ses trois matches de la tournée de juin en Nouvelle-Zélande.

"BESOIN DE GAGNER"

A force de persévérance et de dévouement, le XV de Philippe Saint-André a tout de même marqué un essai au Stade de France, signé Brice Dulin (69e). Comme un soulagement.

"On a enfin réussi à marquer", s'est réjoui l'ouvreur Rémi Talès. "Parce que, en première mi-temps, on a proposé beaucoup de jeu et à chaque fois on a fini à un ou deux mètres de leur ligne sans marquer (...) En deuxième mi-temps, on s'est dit qu'on avait enfin trouvé la faille."

Le capitaine du Castres olympique, sélectionné pour la première fois lors du séjour du mois de juin aux antipodes, en a tiré la conclusion que les champions du monde étaient "prenables" - entendre "battables".

"On a fait moins d'erreurs (qu'en juin, NDLR), on les a moins regardé jouer. (...) On a marqué et, eux, ils étaient acculés devant leur ligne pendant les cinq dernières minutes", a-t-il souligné.

Autre motif de satisfaction pour les Français: l'alchimie réussie à la troisième ligne où le staff des Bleus avait fait le pari d'associer deux joueurs au profil similaire de plaqueurs-gratteurs, Thierry Dusautoir et le quasi novice Wenceslas Lauret.

Après son bon match, le plus jeune des deux a parlé d'une "victoire" du XV de France, un lapsus qu'il a répété plusieurs fois devant les journalistes.

Les Bleus ont peut-être évité le ridicule qui guette tous les adversaires des All Blacks. Mais le résultat est là, cruel: ils ont perdu pour la septième fois en neuf rencontres disputées cette année.

Wesley Fofana, qui a une nouvelle fois formé avec Florian Fritz une paire de trois-quarts centres très convaincante, a résumé toute l'ambivalence de ce match, ni gagné ni complètement raté.

"C'est encourageant mais c'est frustrant parce que c'est une défaite. Et on a besoin de gagner maintenant", a-t-il dit.

Philippe Saint-André et ses joueurs n'ont plus que deux chances pour améliorer le bilan pour l'instant peu reluisant du XV de France en 2013: contre les Tonga, samedi prochain au Havre, puis contre l'Afrique du Sud, le samedi suivant au Stade de France.

Edité par Olivier Guillemain

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