Rugby: les Bleus ont du chemin à faire avant l'Angleterre

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LES BLEUS PEUVENT MESURER LE CHEMIN À FAIRE
LES BLEUS PEUVENT MESURER LE CHEMIN À FAIRE

PARIS (Reuters) - Le XV de France a pu mesurer au cours du mois de novembre, en particulier lors de ses défaites contre la Nouvelle-Zélande et l'Afrique du Sud, le chemin qu'il lui reste à parcourir avant le prochain VI Nations et, plus encore, avant le Mondial 2015.

Face aux deux derniers champions du monde, les Bleus n'ont jamais semblé tout à fait ridicules mais ils ont à chaque fois perdu, contre les All Blacks il y a deux semaines (26-19) et contre les Springboks, samedi, au Stade de France (19-10).

Après cette deuxième défaite, l'encadrement de l'équipe n'a pas blâmé les joueurs qui ont, à l'en croire, fourni tous les efforts dont ils étaient capables à ce moment de l'année.

"On a salué l'abnégation et l'état d'esprit des gars, mais il y a encore une somme de détails qui nous sépare des meilleurs", a estimé l'entraîneur des avants, Yannick Bru, à la sortie du vestiaire bleu.

"On ne vient jamais mourir très loin, mais on n'est pas encore en position de les battre", a ajouté l'ancien talonneur du Stade Toulousain. "On joue un ou deux crans en-dessous", lui a fait écho le demi de mêlée Morgan Parra.

Mis bout à bout, les résultats sont cruels: les Bleus ont perdu contre toutes les grandes puissances qu'ils ont affrontées en 2013 - Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Angleterre et Pays de Galles -, autant de rivaux possibles pour le titre mondial.

Et ils n'ont gagné que deux matches, face à deux nations qui évoluent dans ce qui pourrait être considéré comme la deuxième division internationale, l'Ecosse et les Tonga.

L'adjoint de Philippe Saint-André a pu se réfugier, après le revers contre les Boks, derrière une explication toute trouvée: "Il faut qu'on fasse notre autocritique objective, mais il ne faut pas occulter le fait qu'on a joué cinq fois contre les deux meilleures nations du monde (quatre fois contre les Néo-Zélandais et une contre les Sud-Africains, ndlr)", a déclaré Yannick Bru.

En appuyant là où ça fait mal, le match de samedi a au moins montré au XV de Philippe Saint-André dans quels domaines il devait travailler, notamment sur la concentration et sur la puissance physique.

"On n'a pas su répondre au défi physique en première mi-temps, on a beaucoup subi, beaucoup reculé. On n'a pas proposé de choses extraordinaires", a regretté le trois-quarts centre Mathieu Bastareaud.

"LE TRAVAIL FINIRA PAR PAYER"

Paradoxalement, il y a donc du positif à tirer des défaites, selon l'arrière Brice Dulin: "En ayant rencontré les deux meilleures nations mondiales, on apprend beaucoup plus, parce qu'on se rend compte des manques qu'on a", a-t-il dit aux journalistes.

"Maintenant, il va falloir bosser là-dessus, être sûr de nos capacités et bosser sur nos lacunes pour pouvoir les combler."

Et, même si le XV de France a perdu deux fois au mois de novembre, Philippe Saint-André et ses adjoints ont réussi à jeter les fondations d'un groupe stable, qui n'a quasiment pas changé entre le premier et le dernier match de la tournée.

L'encadrement a trouvé une charnière qui semble lui donner satisfaction, avec Rémi Talès à l'ouverture et Morgan Parra à la mêlée, et assisté à l'émergence de jeunes prometteurs sur lesquels ils pourraient compter lors des prochaines échéances.

Wenceslas Lauret, Gaël Fickou ou Sofiane Guitoune semblent avoir trouvé leur place dans le groupe élargi, respectivement dans la troisième ligne, au centre et à l'aile.

Rassuré par le niveau des nouveaux, Philippe Saint-André n'a cessé de se féliciter ce mois-ci d'avoir trouvé une assise solide autour d'une trentaine d'éléments. Il l'a encore fait samedi soir. "On a de plus en plus un groupe de joueurs," a-t-il dit.

Ces hommes-là, s'ils sont reconduits, passeront un nouvel examen le 1er février contre l'Angleterre, au Stade de France, pour leur premier rendez-vous dans le Tournoi des VI Nations 2014.

Après avoir échoué face aux deux premières nations au classement de l'IRB (l'International Rugby Board, l'instance suprême du rugby mondial), ils pourront alors se mesurer à la troisième.

Et, s'ils conservent la confiance de "PSA" jusque-là, ils devront confirmer toutes leurs bonnes intentions en Angleterre et au Pays de Galles, où aura lieu la prochaine Coupe du monde en septembre et octobre 2015.

"Le travail finira par payer, on en est sûr", assure Brice Dulin. Réponses dans deux mois, puis dans deux ans.

Simon Carraud, édité par Julien Dury et Danielle Rouquié

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