Rugby: le XV de France se dit prêt au combat contre les Anglais

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par Mathieu Baratas

AUCKLAND (Reuters) - "Combat", le mot est revenu comme un leitmotiv dans la bouche des joueurs français pour donner le ton du quart de finale de Coupe du monde de rugby face à l'Angleterre samedi à l'Eden Park d'Auckland.

D'autres mots d'ordre sont venus compléter le couplet guerrier : "coups de tronche", "agressivité", "engagement", "conquête", "gagner les duels", "avancer", "faire reculer".

"Le rugby, c'est le combat", a doctement affirmé le pilier Jean-Baptiste Poux. "Au rugby, c'est la base."

Dans ce sport collectif, l'affrontement est le coeur du jeu, que les internationaux français ont eu tendance à négliger par moments, comme face à l'Italie (21-22) en mars dernier ou face aux Tonga (19-14) la semaine passée.

Vexés, humiliés, frustrés, les Bleus ont eu besoin de se souvenir de la trame de leur sport.

"Il ne faut pas s'attendre à un match de génie. Ce sera un match avec du combat. Dans notre sport, le combat n'est pas débile", a analysé l'un des leaders français en la matière, le talonneur William Servat.

Les Français invoquent une recette qui a fait ses preuves contre la Nouvelle-Zélande en demi-finale de la Coupe du monde 1999 (43-31) puis en quart de finale 2007 (20-18).

Sans charme vu de l'extérieur, le combat a une part de génie, car c'est de lui que le "french flair" tire son essence.

"Quand on est présent dans le combat, qu'on avance, on produit du jeu. Les choses vont de pair. Quand on est bons, même au Stade Toulousain, c'est qu'on a mis les ingrédients devant", dit William Servat.

"Le rugby est très simple : une conquête sérieuse et avancer sur le terrain. Tout est plus simple après. Ce sera encore la solution samedi", a-t-il ajouté.

"COUPS DE TÊTE"

Interrogé sur la tactique à adopter pour remporter ce quart de finale, le deuxième ligne Pascal Papé a abondé dans le même sens.

"Cela ne sert à rien de parler de jeu si on ne met pas avant les ingrédients indispensables à un bon match de rugby. On n'en a rien à secouer du jeu", a déclaré le Parisien.

"Je préfère qu'on mette en place ce qu'il faut pour gagner et après, le jeu viendra tout seul. Notre but premier est de retrouver notre agressivité", a-t-il poursuivi.

Les Bleus évoquent avant tout la "bonne" agressivité, celle qui permet de gagner des centimètres en attaque et en défense.

"Quand on parle de combat et d'agressivité, c'est pour avancer sur les duels et faire reculer les Anglais ", a précisé l'ailier Vincent Clerc.

"L'agressivité, c'est de la présence dans le combat. Mais cela reste du sport. Ce n'est pas de l'agression", a nuancé Servat.

Cependant, cette agressivité contient aussi une part plus obscure, à la limite de la règle pour marquer l'adversaire.

"Il faut s'engager à 150% et mettre des coups de tête à droite et à gauche plutôt que d'envoyer du jeu", a ainsi prévenu le pilier Nicolas Mas.

Samedi, les Bleus vont écrire un nouveau chapitre de l'amitié franco-anglaise et "cela va saigner" selon le deuxième ligne Julien Pierre, en ne plaisantant qu'à moitié.

Terre de rugby, l'Eden Park risque de prendre des allures de champ de bataille samedi.

Edité par Simon Carraud et Bertrand Boucey

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