Rugby: le Black Sonny Bill Williams, remplaçant de luxe

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par John Mehaffey

AUCKLAND, Nouvelle-Zélande (Reuters) - A la fois vedette en Nouvelle-Zélande et remplaçant en sélection nationale, le centre Sonny Bill Williams occupe une position paradoxale chez les All Blacks, qui disputent dimanche la finale de la Coupe du monde de rugby contre la France.

Le sélectionneur Graham Henry, qui dévoilera la composition de son équipe vendredi matin (jeudi soir en France), a attribué au joueur le rôle de remplaçant de luxe.

"Sonny Bill peut jouer à plusieurs postes et il est devenu une sorte de 'super-remplaçant'", a dit Graham Henry avant la demi-finale contre l'Australie.

Barré par le tandem bien rôdé Ma'a Nonu-Conrad Smith dans la ligne de trois-quarts, le joueur de 26 ans joue sur sa polyvalence pour se faire une place dans le quinze All Black.

Contre la France le 24 septembre, Sonny Bill Williams est entré en jeu en fin de match pour couronner la victoire All Black d'un ultime essai. En quart de finale face à l'Argentine, le centre "SBW" a connu sa seule titularisation de la compétition, en position d'ailier.

Au tour suivant, dimanche dernier, il a fait un aller-retour express sur le banc des remplaçants, le temps de se voir infliger un carton jaune pour un plaquage jugé dangereux.

Mais s'il entre en jeu dimanche, les Bleus devront moins se méfier de ses plaquages que de son jeu de passe qui lui permet, grâce à sa technique peu académique, d'adresser le ballon dans des positions improbables.

COMBATS DE BOXE

Le joueur des Crusaders de Christchurch connaît bien les Français, pour les avoir côtoyés en Top 14 pendant deux ans.

Après une première carrière en rugby à XIII, Sonny Bill Williams s'est reconverti en rugby à XV à Toulon, entre 2008 et 2010 avant de regagner la Nouvelle-Zélande dans l'espoir de disputer la Coupe du monde.

"Mon seul rêve était de revenir et de participer à cette Coupe du monde. (...) Jouer dimanche serait un rêve devenu réalité", a-t-il dit.

En dépit de ce retour au pays natal, le joueur ne fait pas l'unanimité en Nouvelle-Zélande, où certaines voix lui reprochent de se mettre en danger en participant à des combats de boxe professionnels, au risque de se blesser.

"Certains n'imaginaient pas que je pouvais jouer au rugby et je leur ai montré que j'en étais capable. Je suis un joueur toujours en confiance, donc je sais que si je suis choisi, je vais faire le travail du mieux que je peux", a-t-il promis.

Pour lui, l'affiche de l'Eden Park contre la France, capable du meilleur comme du pire, a des allures de finale idéale.

"On peut jouer contre une équipe un jour, et jouer à nouveau contre eux quelques semaines plus tard, et ils sont une autre équipe", selon Sonny Bill Williams.

"Nous avons plutôt bien joué contre eux la dernière fois, mais ça ne veut rien dire", a-t-il prévenu.

Simon Carraud pour le service français

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