Rugby: la France se souvient de 2007 pour rester sous pression

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AUCKLAND (Reuters) - Qualifié dans le dernier carré de la Coupe du monde après une prestation aboutie contre l'Angleterre, le XV de France s'appuie sur l'expérience des joueurs présents en 2007 pour éviter le piège de la décompression face au Pays de Galles en demi-finale de la Coupe du monde samedi.

Dans le groupe français, Thierry Dusautoir, Vincent Clerc, Julien Bonnaire, Imanol Harinordoquy, Jean-Baptiste Poux, David Marty, Cédric Heymans, Damien Traille et Dimitri Szarzewski furent tous de la victoire homérique en 2007 face à la Nouvelle-Zélande (20-18) en quart de finale, avant de perdre contre l'Angleterre 14-9 au Stade de France en demi-finale.

Il faut ajouter Lionel Nallet, Aurélien Rougerie et Nicolas Mas présents dans le groupe en 2007. Au total, ils sont 12 à savoir que les lendemains d'une victoire aux forceps sont les plus difficiles à gérer.

"Ce n'est pas un exploit comme en 2007. Il y a moins d'euphorie. Battre la Nouvelle-Zélande qui ne perdait pas un match depuis trois ans était plus un exploit que battre les Anglais samedi", a dit l'un des acteurs de 2007, le troisième ligne Julien Bonnaire.

Pourtant, comme en 2007, les Bleus ont actionné les "leviers" psychologiques de la honte, de l'orgueil et de la colère pour éviter une déconvenue en quart de finale après la déconvenue face aux îles Tonga (14-19) au premier tour. Ils sont conscients du risque de décompression juste après une semaine si forte en émotions.

"Il y a toujours un risque. A nous d'en prendre conscience. On a le talent et beaucoup d'autres choses. Dès qu'on oublie les bases, on devient une équipe d'un faible niveau", a dit le deuxième ligne Lionel Nallet.

De l'aveu des joueurs, le ressenti psychologique du début de semaine confirme qu'ils sont focalisés sur la demi-finale et ont évacué la victoire contre les Anglais.

"On n'est pas à l'abri. On est encore à la portée de nos vieux démons. Il faut avoir une semaine studieuse", a dit le centre Aurélien Rougerie. "On a eu affaire à une bonne équipe d'Angleterre. Ce n'est qu'une étape à franchir."

"PAS DE DÉCOMPRESSION"

Comme son prédécesseur Bernard Laporte, le sélectionneur Marc Lièvremont a reconduit son XV de départ sans insuffler de la fraîcheur physique et mentale.

Le contexte des deux compétitions est différent. En 2007, les Français avaient hérité d'une poule plus compliquée avec l'Argentine (12-17) et l'Irlande (25-3), ce qui nécessitait d'être prêts dès le début de la compétition.

En 2011, prendre dix points contre le Japon (47-21) et le Canada (46-19) n'a pas entamé les ressources physiques et mentales des Français. La comparaison est encore plus vraie pour les deux quarts de finale.

"Il se faut se souvenir du match dingue des Français en 2007 et des joueurs qui avait été secoués", a dit le sélectionneur Marc Lièvremont.

"Les joueurs n'avaient pas totalement récupéré comme me l'ont dit les anciens. Là, on a beaucoup tourné sur les deux rencontres de préparation et les deux premiers matches. L'intensité n'a pas été très élevée. J'ai toujours trouvé mes joueurs très frais", a-t-il poursuivi.

"En 2007, on se sentait plus mâchés et plus courbaturés qu'aujourd'hui", a acquiescé le talonneur Dimitri Szarzewski.

Les anciens de 2007 sont invités à apporter leur expérience comme les entraîneurs Marc Lièvremont et Emile Ntamack, qui avaient battu en 1999 les All Blacks en demi-finale (43-31) avant de s'écrouler en finale contre l'Australie (12-35).

"Il n'y a pas eu de décompression. La pression est retombée le dimanche mais elle est revenue dès lundi", a insisté Lionel Nallet quelques jours après la rencontre face à l'Angleterre.

"On a fait un entraînement sérieux (mardi) où cela s'est envoyé. Il faut rester prudent. On a déjà eu des retours (de bâton) contre l'Italie (21-22 en mars dernier) et les Tonga. Je ne me ferai pas avoir", a-t-il ajouté.

"Les plus vieux et les plus expérimentés doivent arriver à maintenir la pression pour sortir le grand match", a conclu Lionel Nallet.

Le XV de France affronte le Pays de Galles en demi-finale à l'Eden Park d'Auckland samedi.

Luc Folliet pour le service français édité par Eric Faye

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