Rugby: la France passe un test de renouveau face aux Wallabies

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LE XV DE FRANCE AFFRONTE LES WALLABIES
LE XV DE FRANCE AFFRONTE LES WALLABIES

par Jean-Paul Couret

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Deux questions ont hanté les dix jours de préparation de la tournée d'automne du XV de France : pourquoi les Wallabies, premiers adversaires des Bleus samedi, sont-ils leur bête noire et peuvent-ils les dompter après une série de cinq défaites ?

L'incertitude est d'autant plus vive que la dernière victoire sur l'Australie remonte au 5 novembre 2005 (26-16 à Marseille) et que la dernière des cinq défaites s'est soldée par un infamant 59-16 en novembre 2010 au Stade de France.

"Autre match, autres joueurs, autre staff", a été l'antienne des joueurs.

Il est vrai que cinq seulement de ceux qui seront sur la feuille de match samedi -- Thomas Domingo, Nicolas Mas, Fulgence Ouedraogo, Morgan Parra et Yoann Huget -- étaient de la débâcle de 2010.

Côté australien, il y aura trois survivants : Adam Ashley-Cooper, Kurtley Beale et le capitaine Nathan Sharpe.

Il est vrai aussi que seulement quatre Bleus, et ils sont différents -- Frédéric Michalak, Florian Fritz, Yannick Nyanga et Dimitri Szarzewski -- étaient de la victoire de 2005.

Des discussions de Marcoussis a pourtant émergé l'image d'un XV d'Australie à provoquer la sainte frousse qui fait parfois les grandes victoires en rugby.

Maxime Mermoz, qui se serait aimé "blond et surfeur" malgré sa peau mate, ses yeux noirs et ses cheveux bruns, est un admirateur absolu des Wallabies.

"Ils ont cette capacité devant à être très costauds et à travailler dans l'axe avec beaucoup de puissance et ont des trois-quarts qui apportent beaucoup de vitesse avec des courses dans tous les sens pour créer beaucoup d'incertitude", dit-il.

En écho au discours introductif du sélectionneur Philippe Saint-André, la plupart des joueurs appréhendent l'Australie comme une "équipe de club" soudée par cinq mois de vie et de jeu communs pendant le Four Nations.

Dimitri Szarzewski, qui sera samedi par la grâce de l'effacement des cadres de l'équipe vice-championne du monde le plus capé des Bleus avec 63 sélections, s'inscrit en faux.

ABSENCES, RETOURS ET ARRIVÉES

"Les Australiens seront un peu plus émoussés que nous physiquement par tous les matches qu'ils ont joués. C'est leur fin de saison. Nous, c'est notre premier match", dit-il.

Szarzewski rejoint en revanche ses entraîneurs et partenaires lorsqu'il place la zone du plus grand danger face aux Wallabies dans les 20 dernières minutes.

Sur ce point, le match de novembre 2010 fait encore mal à la tête car la France menait 16-13 à la 49e minute avant d'être emportée par une déferlante de six essais en un peu plus d'une demi-heure.

Les Bleus se méfient aussi de la capacité des Australiens à imposer de longues séquences de jeu. Philippe Saint-André a d'ailleurs mis ce thème en valeur lors d'un entraînement avec opposition et sans compromis dès l'ouverture du stage.

Reste que les Wallabies de ce mois de novembre sont peut-être plus proches de ceux que décrit Dimitri Szarzewski que de ceux de 2012.

L'actuelle génération a été déçue par sa défaite en demi-finale de la Coupe du monde. En juin dernier, elle a été battue par l'Ecosse (9-6) et n'a maté Galles que 27-19, 25-23 et 20-19.

Elle n'a pris que la deuxième place du Four Nations avec trois victoires et trois défaites et sa meilleure performance de l'année est le match nul 18-18 arraché aux All Blacks avant de partir pour l'Europe lors du troisième match sans enjeu d'une Bledisloe Cup déjà perdue.

Le XV qui jouera samedi est dans la continuité de ce match mais les Wallabies seront une nouvelle fois privés de joueurs majeurs : les demis Will Genia et Quade Cooper, les avants David Pocock et Ben Alexander, les arrières Berrick Barnes et Drew Mitchell.

Dans un XV de France à la moyenne d'âge rajeunie grâce notamment à l'arrière Brice Dulin, 22 ans et deux sélections, et au demi de mêlée Maxime Machenaud (23 ans et une sélection), il y aura deux absences forcées, le capitaine et troisième ligne Thierry Dusautoir et le deuxième ligne Yoann Maestri.

L'équipe enregistrera en revanche les retours de Frédéric Michalak et Yannick Nyanga et les arrivées de deux joueurs à zéro sélection, le pilier Yannick Forestier et le deuxième ligne Jocelino Suta.

Edité par Olivier Guillemain

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