Rugby: la cerise samoane, avec ou sans noyau?

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FRANCE-SAMOA, LA CERISE SUR LE GÂTEAU POUR LE XV DE FRANCE ?
FRANCE-SAMOA, LA CERISE SUR LE GÂTEAU POUR LE XV DE FRANCE ?

par Jean-Paul Couret

PARIS (Reuters) - France-Samoa devrait être pour le XV de France la cerise sur un gâteau de novembre à pâte australienne et crème argentine mais, précise Patrice Lagisquet, "il ne faudrait pas que ce soit la cerise qui soit indigeste".

Logiquement, hiérarchiquement et malgré la réserve de l'entraîneur des lignes arrières, ce test devrait permettre au XV de France de remplir samedi, à Saint-Denis, les objectifs fixés par son manager-sélectionneur Philippe Saint-André.

Une victoire l'assurerait de faire partie avec la Nouvelle-Zélande, l'Australie et l'Afrique du Sud des quatre têtes de série protégées lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2015, le 3 décembre.

Elle lui offrirait un petit chelem de trois matches en novembre, du jamais vu depuis 2005, et porterait sa série d'invincibilité à quatre matches depuis juin et la tournée en Argentine.

Elle donnerait encore plus d'élan et de crédibilité à un groupe né à Tucuman, c'est-à-dire nulle part, reformé contre l'Australie au Stade de France, maintenu à Lille contre les Pumas et sacré à Saint-Denis face aux Samoans.

Elle validerait la stratégie du jeu et des hommes du trio Philippe Saint-André, Yannick Bru, Patrice Lagisquet.

Déjà, l'éloge est dithyrambique sur ce qui se passe dans un Centre national du rugby de Marcoussis. Il ne répond plus que si peu au surnom de "Marcatraz" que les joueurs s'y calfeutrent lorsqu'on leur offre une sortie théâtre ou grand restaurant.

Quant on le rencontre dans les couloirs du CNR et qu'on lui demande s'il est "content", Jo Maso, qui a tout vu au fil des entraîneurs, des Coupes du monde et des Tournois depuis 1995, répond: "Content, tu rigoles, radieux, oui. Il y a longtemps qu'on n'a pas joué comme ça."

Jusqu'où aller donc pour retrouver un automne aussi chargé de sève ? 2001 ? L'arrivée des Marie-Louise de Bernard Laporte, Frédéric Michalak, Clément Poitrenaud, Damien Traille et de l'inattendu Tony Marsh pour trois victoires de rang sur l'Afrique du Sud, l'Australie et les Fidji ?

"COUPEURS DE TÊTE"

Qu'importe. Alors que les relations entre Top 14 et équipe de France sortent d'une période difficile, les entraîneurs de grands clubs se bousculent, de Guy Novès à Laurent Travers en passant par Gonzalo Quesada, Philippe Sella, l'ancien Pierre Villepreux et l'étranger Joe Schmidt, manager du Leinster, champion d'Europe, pour se dire séduits.

Les joueurs du XV de France ne sont pas en reste. Ils ne parlent que d'engagement, de participation, de respect mutuel.

Une nouvelle version de la poule et de l'oeuf est apparue. Qui est la première source d'enthousiasme ? Les entraîneurs qui le donnent aux joueurs ou les joueurs qui le donnent aux entraîneurs ?

Il ne resterait donc plus qu'à poser la cerise sur le gâteau et à la croquer.

Pour y parvenir, les entraîneurs ont eu la chance d'avoir une équipe préservée par les blessures. Ils ont pu jouer la carte de la confiance et de la continuité avec seulement trois permutations entre remplaçants et titulaires - Morgan Parra-Maxime Machenaud, Benjamin Kayser-Dimitri Szarzewski, Thomas Domingo-Yannick Forestier.

Ces changements restent cosmétiques même si, encore une fois, des sélectionneurs français ont pris le risque de changer une charnière qui gagne.

Il y avait aussi le risque de démobilisation d'une fin de tournée dont Philippe Saint-André avait jugé le programme mal fait à cause d'un ordre décroissant dans la difficulté des matches, Australie, Argentine, Samoa.

"On parle parfois trop vite. Le match le plus difficile arrive contre les Samoa", a-t-il corrigé cette semaine.

Et pour faire bonne mesure, le manager-sélectionneur a prévenu qu'arrivaient aussi des "coupeurs de tête" suffisamment féroces pour "mettre en jeu la santé des joueurs".

Les Samoa ont certes signé quelques beaux exploits dans le passé. Ils viennent de battre le Pays de Galles à Cardiff et rêvent de passer de la 9e à la 6e place du classement IRB. Patrice Lagisquet a décelé en eux "une belle équipe".

Philippe Saint-André, qui avait fait des Australiens les champions de la mêlée et des Argentins des apôtres du jeu de mouvement, ne pouvait pas décemment aller jusqu'à faire des Samoa la meilleure équipe de ce mois de novembre.

"Pour la première fois, nous sommes vraiment favoris", a-t-il dit. Dont acte ?

Edité par Grégory Blachier

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