Rugby: l'Europe en pleine négociation

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LES CONTOURS DES COUPES D'EUROPE DE RUGBY EN DISCUSSIONS
LES CONTOURS DES COUPES D'EUROPE DE RUGBY EN DISCUSSIONS

par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - Le format actuel des Coupes d'Europe de rugby, H Cup et Challenge, est plus que jamais contesté par les clubs anglais et français qui attendent une nouvelle formule plus équitable, plus resserrée et plus rémunératrice dès 2014.

Le sujet a été lundi un des termes dominants de la journée de lancement des compétitions européennes organisée à Paris par l'European Rugby Cup (ERC), organisateur des deux coupes.

Les points d'achoppement, passage de 24 à 20 clubs, resserrement du calendrier, répartition financière, seront discutés lors d'une réunion des actionnaires de l'ERC le 8 octobre à Rome après une première session ajournée faute d'accord.

"Je comprends les demandes des parties et les négociations avancent", a déclaré le président de l'ERC, le Français Jean-Pierre Lux. "Personne n'est venu avec une logique de boycott. Les Français avaient un esprit constructif. Les Anglais, qui ont plus de problèmes financiers et sportifs, ont fait un baroud d'honneur avec leur projet."

La signature d'un nouvel accord pour les droits télé avec BT pour la somme de 152 millions de livres (189 millions d'euros) sur quatre ans a jeté de l'huile sur le feu dans les négociations car il couvre la diffusion des matches du Championnat d'Angleterre (Premiership) mais aussi ceux disputés par les clubs anglais en Coupe d'Europe et en Challenge européen à partir de 2014 et dont les droits sont détenus par l'ERC.

Dans la foulée, l'ex-British Telecom a émis l'hypothèse de la création d'une nouvelle compétition européenne à l'issue de la saison 2013-14, à l'expiration des accords actuels.

"C'est choquant car ce n'est pas légal", s'insurge Jean-Pierre Lux. "Les Anglais n'ont rien répondu sur la part destinée aux Coupe d'Europe, ni sur la future répartition avec les autres pays. Ils sont partis dans des négociations avec les provinces sud-africaines et les clubs français."

"Cela pollue l'atmosphère. Il est difficile de négocier avec les Anglais. Les Français ont eu le mérite de venir avec un document. Il faut penser peut-être à continuer sans les Anglais mais je ne le souhaite pas", ajoute-t-il mi-sérieux, mi-amusé.

"PAS INQUIET"

La principale revendication des camps français et anglais est de réduire le nombre d'équipes à 20, au détriment des équipes celtes et italiennes. Les contingents français et anglais resteraient les mêmes (six clubs) et les détenteurs des deux trophées resteraient qualifiés d'office.

"Je souhaiterais un calendrier global un peu plus restreint, faire un peu moins de matches et puis de l'équité entre toutes les équipes", déclare à Reuters le directeur général de Clermont, Jean-Marc Lhermet.

"Est-il opportun d'avoir systématiquement deux équipes italiennes? Est-il opportun d'avoir des équipes qui sont automatiquement qualifiées et d'autres qui doivent se gagner leur qualification? Est-ce que c'est équitable? Je ne suis pas sûr."

"Les clubs anglais et français ont de plus en plus de mal à accepter de se battre chaque week-end pour finir dans les six premiers de leur championnat alors que dix des douze équipes de la Ligue celte sont qualifiées quel que soit leur classement, en vertu de quotas (trois pour le pays de Galles, trois pour l'Irlande, deux pour l'Ecosse et deux pour l'Italie).

"La réflexion aujourd'hui est d'aller vers plus d'équité entre les équipes et un calendrier adapté au mieux aux championnats domestiques et au calendrier international. Le débat est ouvert", précise Jean-Marc Lhermet.

Pour peser sur les négociations, les Anglais comme les Français ont évoqué un possible retrait comme l'avaient fait les Anglais lors des éditions de 1995-1996 et de 1998-1999.

"Je ne suis pas inquiet pour l'avenir de la compétition", assure le manager de Toulouse, Guy Novès. "Cette compétition a donné un nouveau souffle au rugby en général. Les acteurs et les décideurs en sont conscients et feront en sorte que cette compétition, quelle que soit la formule, perdure dans l'avenir."

Edité par Jean-Paul Couret

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