Rugby: Juan Martin Hernandez, un magicien en manque de tours

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par Mathieu Baratas

PARIS (Reuters) - À la recherche de son meilleur niveau, l'ouvreur argentin Juan Martin Hernandez va tenter d'extraire le Racing-Métro d'une situation déjà compliquée, à l'occasion de la deuxième journée de Coupe d'Europe à Edimbourg.

Battus à domicile vendredi dernier par Cardiff (20-26) en ouverture de la compétition européenne, les Ciel et Blanc ont l'obligation de ramener un résultat d'Écosse pour viser les quarts de finale.

Aucun club français en Coupe d'Europe n'a réussi à se qualifier après avoir perdu d'entrée à la maison.

Dans ce contexte, le rendement d'Hernandez est capital pour une équipe qui a manqué "d'ambition et d'intelligence", selon les mots de l'entraîneur Pierre Berbizier, vendredi dernier.

"El mago" (le magicien) n'a retrouvé les terrains que depuis un mois après une rupture des ligaments croisés du genou droit contre Bourgoin le 5 mars et peine à retrouver son niveau.

"La Coupe d'Europe, c'est le haut niveau et je dois dire que je me sens de mieux en mieux. Je ne réussis pas tout ce que je veux en ce moment mais je vais très bien", a dit Hernandez.

"Il y a des choses que je n'arrive pas à maîtriser. J'ai mal utilisé le ballon. Même dans un moment faible, il faut savoir revenir dans un temps fort."

Si le joueur reconnaît être "à cours de rythme et de jeu", son entraîneur se montre indulgent et compréhensif.

"Il faut savoir être patient. L'an passé après sa blessure, il avait mis deux mois avant de retrouver ses marques", a dit le coach francilien.

"Aujourd'hui, acceptons un peu de temps pour qu'il puisse retrouver ses marques. Il lui faut trouver et retrouver des repères par rapport à lui-même et par rapport à l'équipe. C'est déjà intéressant ce qu'il fait aujourd'hui", ajoute-t-il.

"NE PAS TENTER TOUT SEUL"

Malgré l'accumulation des blessures depuis deux ans, en particulier une opération au dos l'an passé, le joueur n'a jamais douté de retrouver ses capacités.

"Je savais que j'allais revenir mais je me doutais que je ne serai pas à mon meilleur niveau tout de suite", dit-il.

"J'essaye de me calmer, de faire jouer et de ne pas tenter tout seul. Après, j'essaierai de tenter, de débloquer des situations bloquées mais je n'en suis pas encore là."

Auteur de gestes décisifs comme un drop ou une accélération sur l'unique essai francilien lors de la défaite face aux Gallois, le joueur est encore inconstant à l'image de son équipe: une bonne première période suivie d'une deuxième insipide comme lors des défaites à Bordeaux (22-18) et face à Toulon (9-16).

"On fait beaucoup de temps de jeu mais on ne fait pas la différence. Quand on marque, on prend des points très vite derrière", reconnaît-il.

Le déplacement à Edimbourg, qui s'est imposé chez les London Irish 20-19 lors de la première journée, s'annonce du coup très compliqué pour une équipe aussi irrégulière.

"Edimbourg n'a pas un gros palmarès européen mais cette équipe est toujours difficile à battre chez elle. C'est une équipe qui joue beaucoup de ballons jusqu'à la 80e minute", analyse Hernandez.

Selon Pierre Berbizier, un seul joueur, quand bien même s'agirait-il de l'ouvreur argentin, ne peut pas assumer le rôle de sauveur de l'équipe.

"On a manqué parfois d'intelligence dans l'utilisation du ballon et dans les phases sans ballon. On ne pourra se retrouver que si l'on pratique un rugby ambitieux", explique l'ancien entraîneur du XV de France et de l'Italie.

"Cela passe par des réponses collectives et non des réponses individuelles. On doit être capable de jouer ensemble au rugby."

Edité par Julien Prétot

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