Rugby: je n'ai volé ma place à personne, dit Yannick Nyanga

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par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Le XV de France comptera quelques nouveaux visages samedi contre l'Australie mais il aura aussi un revenant, le troisième ligne du Stade Toulousain Yannick Nyanga, rappelé après cinq ans d'absence.

La blessure au genou de Thierry Dusautoir lors du match de Coupe d'Europe de Toulouse face à Trévise, le 20 octobre, a été la cause première de ce retour.

Yannick Nyanga ne faisait pas partie des 34 initialement sélectionnés pour le premier stage de préparation, pourtant, dimanche soir, son nom était sur la liste des 23 joueurs retenus pour affronter l'Australie au Stade de France.

Le joueur de 28 ans ne s'est néanmoins pas laissé aller à l'euphorie, accueillant avec sérénité ce rappel chez les Bleus, avec lesquels il compte 25 capes.

Indispensable au Stade Toulousain où il a joué 155 matches depuis 2005 et fait désormais partie des cadres, Yannick Nyanga n'a jamais oublié l'équipe de France.

"C'est un deuxième départ pour moi et je sais tout ce que j'ai fait pour en arriver là", dit-il.

Sa dernière apparition en bleu remonte à la Coupe du monde 2007. "Cinq ans, c'est long oui, mais ce n'est pas en regardant derrière qu'on avance", affirme-t-il.

"JUSQU'À PAS D'HEURE"

Pendant ce quinquennat, Yannick Nyanga n'a jamais laissé cours à sa frustration et aux désillusions, forgeant son caractère en prenant ses échecs avec philosophie.

"Je mesure la force qu'il m'a fallu pour connaître cette nouvelle sélection. Je me mettais des objectifs à court terme et s'ils n'étaient pas atteints, je digérais très vite, sans cogiter pour passer à autre chose", raconte t-il.

Des maux pour des biens donc car désormais la sagesse est devenue une de ses principales qualités. Aujourd'hui, le troisième ligne a gagné en conviction et en maturité.

"Je n'ai jamais rien lâché et je ne lâcherai jamais rien. Ma place, je ne l'ai volée à personne", dit-il.

En chambre avec Dimitri Szarzewski, le talonneur du Racing Métro, qui a été son coéquipier à Béziers pendant trois ans, Yannick Nyanga savoure les retrouvailles.

"On a parlé jusqu'à pas d'heure la première nuit, j'étais vraiment heureux de le retrouver. Il y a aussi mon ami Frédéric Michalak qui passe souvent me voir et avec qui j'échange énormément. D'être avec des gens que j'aime beaucoup m'aide", admet le Toulousain.

Mais à Marcoussis, Yannick Nyanga a surtout retrouvé une vieille connaissance, Yannick Bru, l'ancien entraîneur des avants du Stade Toulousain, qui a intégré le staff de l'équipe de France avec l'arrivée de Philippe Saint-André.

"Sa philosophie de jeu n'a pas changé. Fondamentalement, son idée du rugby est la même que quand il était à Toulouse, donc ça facilite pas mal", dit-il.

Edité par Jean-Paul Couret et Grégory Blachier

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