Rugby: Gary Botha veut oublier les "montagnes russes"

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par Jean Décotte

TOULOUSE (Reuters) - La cheville de Gary Botha semble enfin disposée à le laisser tranquille et, après une saison quasiment blanche avec le Stade Toulousain, le talonneur sud-africain espère cette année ne plus connaître de telles "montagnes russes".

Le joueur, qui fête vendredi ses 31 ans, s'était fracturé la malléole contre Montpellier fin 2011, quelques semaines après son arrivée en bord de Garonne. Il n'avait porté le maillot Rouge et Noir qu'à huit reprises la saison dernière.

Ses démons sont revenus le hanter en septembre lorsqu'une petite alerte à cette même cheville droite l'a contraint à se ménager deux semaines.

Mais l'ex-Springbok, désormais remis, est impatient de disputer le premier match de Toulouse en Coupe d'Europe, contre Leicester dimanche, avec l'envie, enfin, d'oublier les hauts et les bas de la saison dernière.

"La pire chose dans une carrière, c'est la blessure (...) Aujourd'hui, je veux seulement jouer, avoir des opportunités de jouer, rester en bonne forme et jouer toute la saison. Je ne veux plus vivre de montagnes russes", souligne le talonneur, qui confie avoir parfois voulu trop en faire.

"Quand on est un joueur professionnel, on se met de la pression soi-même. Parfois, peut-être que je tire un peu trop sur la corde, c'est peut-être un peu de fierté."

Le natif de Pretoria, indisponible pendant de longs mois après son opération, a travaillé d'arrache pied pour perdre 6 kg et retrouver son poids de forme.

"Pendant sept mois, il m'a été impossible de courir à cause de ma cheville. Avant ma fracture de la cheville, je pesais 115 kg, et après la blessure je suis monté jusqu'à 120 kg. C'était frustrant", raconte-t-il d'une voix posée.

"JE SAIS À QUOI M'ATTENDRE"

Pour le manager toulousain Guy Novès, le retour de Gary Botha intervient "pile" au bon moment.

"C'est vrai, on est content qu'il revienne", lance le patron du club Rouge et Noir, un euphémisme quand on connaît la pénurie qu'a connue Toulouse à ce poste de talonneur.

Au point de faire du jeune Christopher Tolofua, 18 ans, un titulaire récurrent, et de contraindre William Servat, récent retraité et désormais entraîneur, à reprendre une licence de joueur au cas où.

Avant de défier Leicester au Stadium dimanche (14h00 GMT), Gary Botha se dit "enthousiaste", ravi de se frotter à nouveau au plus haut niveau.

"J'ai joué la H Cup pendant trois saisons, donc je sais à quoi m'attendre. C'est très important de faire un gros départ dans ce tournoi, qui est sans doute la compétition internationale la plus difficile", fait-il valoir.

"Contre une équipe comme (Leicester), ce sera toujours un match rude en H Cup : une bonne mêlée, une bonne touche, de bons portés, tout est bon. Ce sera un match tactique. Mais il ne faut pas se focaliser seulement sur eux. J'ai vu les joueurs toulousains à l'oeuvre, ce sont de grands joueurs décisifs dans les grands moments."

À son arrivée à Toulouse, le Sud-Africain avait annoncé vouloir gagner le Top 14 et la Coupe d'Europe, afin de compléter une jolie collection, qui comprend notamment la Coupe du monde (2007), le Super 14 ou la Currie Cup.

Ses coéquipiers lui ont offert un premier bouclier de Brennus en juin dernier. Pour ce qui est de la H Cup, Gary Botha aimerait bien s'en charger lui-même.

Edité par Jean-Paul Couret

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