Rugby: Fulgence Ouedraogo, l'invité surpris

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FULGENCE OUEDRAOGO, SURPRIS D'ÊTRE PARMI LES BLEUS
FULGENCE OUEDRAOGO, SURPRIS D'ÊTRE PARMI LES BLEUS

par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Le troisième ligne de Montpellier, Fulgence Ouedraogo, s'est dit surpris mardi d'avoir été rappelé pour préparer le match de samedi face aux Tonga, d'autant que le XV de France comptait déjà de nombreux joueurs à son poste.

Absent de la première liste, Ouedraogo a rejoint le groupe battu ce week-end par la Nouvelle-Zélande (26-19) sans qu'aucun de ses concurrents directs ne le quitte et sera donc du voyage au Havre pour le seul match en province de la tournée d'automne.

"Sincèrement, je suis un peu surpris d'être de retour même si je sais qu'avec l'équipe de France, ça peut aller très vite, surtout en troisième ligne où il y beaucoup de concurrence", a dit Ouedraogo à la presse au centre national de Marcoussis.

L'étonnement est d'autant plus grand qu'à l'inverse de Frédéric Michalak, venu remplacer Camille Lopez poste pour poste, le Montpelliérain a pris la place du centre Maxime Mermoz, écarté pour les deux prochains matches.

"Du coup, on est sept troisième ligne. Ça fait du monde !", a relevé le capitaine du MHR, 27 ans.

Son retour relève d'une certaine logique. Une blessure l'avait privé du deuxième stage de préparation, fin octobre, et Wenceslas Lauret en avait profité. Mais Ouedraogo, 33 sélections, reste un habitué qui n'a rien manqué du premier test.

"J'ai regardé le match devant ma télé, je poussais derrière eux, j'étais comme un fou", a-t-il raconté. "Samedi, il faudra mettre la même implication, le même engagement que face aux Neo-Zélandais car les Tonga, ce n'est pas une petite équipe."

Ouedraogo était à Wellington, le 1er octobre 2011, lorsque la France avait perdu son troisième match de poule de la Coupe du monde face à ces mêmes Tonga (19-14).

"J'étais en tribune avec les autres qui, comme moi, n'étaient pas sur la feuille de match. Ce match est un souvenir terrible mais je crois aussi que c'est grâce à ce revers qu'on a fait ce qu'on a fait ensuite : accéder à la finale", s'est-il souvenu.

"LE FOND DU FOND"

Dans les dernières minutes, les Tongiens étaient venus chambrer les Bleus. Si les deux équipes s'affrontent samedi pour la première fois depuis ce match, le troisième ligne assure que la fin de rencontre tendue a déjà été oubliée.

"Je ne pense pas qu'on puisse parler de revanche, c'est bien trop loin maintenant. C'est vrai qu'avec cette défaite, on avait touché le fond du fond mais c'est du passé, on a d'autres priorités que de se venger de choses qui se sont passées il y a deux ans", a-t-il dit.

Si les Tonga se sont inclinés face à la modeste Roumanie en ouverture de leur tournée d'automne, samedi dernier, les Français restent méfiants.

Et Fulgence Ouedraogo porte toute son attention sur un XV de France qui n'a gagné qu'une fois en 2013, avec une moyenne de 0,88 essai inscrit par match, mais continue de garder les yeux rivés sur la grande échéance à venir, la Coupe du monde 2015.

"Nous devons faire un match plein et retrouver le chemin de la victoire, on en a besoin", a-t-il dit. "Le match face aux Blacks samedi dernier était un très bon match, il faut continuer dans ce sens."

Après les Tonga, c'est l'Afrique du Sud qui rendra visite à la France, dans dix jours, mais Ouedraogo ne veut pas que les Bleus aient déjà la tête à celle que l'entraîneur Philippe Saint-André qualifie de "deuxième meilleure nation du monde."

"Chaque chose en son temps. Pensons d'abord à samedi", dit celui qui sait combien tout peut aller vite.

Edité par Gregory Blachier

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