Rugby: Frédéric Michalak effectue un retour aux sources

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RETOUR EN BLEU POUR FRÉDÉRIC MICHALAK
RETOUR EN BLEU POUR FRÉDÉRIC MICHALAK

par Cécile Grès

MARCOUSSIS, Essonne (Reuters) - Frédéric Michalak s'est fait attendre, près de trois ans, depuis sa dernière visite à Marcoussis en février 2010 mais il a fait un retour de star au Centre national du rugby, jeudi.

L'ancien ouvreur vedette de la Coupe du monde 2003 devenu un joueur de 30 ans et 56 sélections a même eu la coquetterie de se présenter à la presse trois heures après les autres joueurs désignés pour jouer contre l'Australie, samedi, au Stade de France.

Ce retard a eu lieu en tout bien tout honneur car Frédéric Michalak, titularisé comme demi d'ouverture et buteur n°1, s'est infligé une séance de tirs aux buts supplémentaire.

Lorsqu'il est finalement arrivé, il y avait un parfum de Coupe du monde, surtout celle de 2003, un peu celle de 2007 et pas du tout celle de 2011 dans la salle de presse.

Face à des micros, des caméras et des stylos qui ne seraient sans doute pas restés pour nul autre que lui, le joueur désormais ancré à Toulon après de longues années à Toulouse et deux interludes en Afrique du Sud, a analysé l'équipe de France comme s'il ne l'avait jamais quittée mais sans considérer sa présence comme un acquis.

"Ce n'est pas parce que je suis là aujourd'hui que je serai là demain, mais c'est aussi ça l'équipe de France, elle est ouverte à tout le monde et il faut de l'émulation", a-t-il dit.

Si le regard se perdait parfois dans le vague avant de retrouver sa vivacité, le discours était franc et serein.

"Il y a un an, bien sûr que je me disais que j'étais capable de revenir en équipe de France. Je ne suis pas surpris de ma sélection, c'est une belle preuve de confiance mais ça vient aussi de performances en club", a-t-il dit.

Ce "retour aux sources", selon sa propre expression, se fait également grâce à une tournée réussie en Argentine, loin des amateurs français du rugby et des censeurs, et loin même des grandes chaînes de télévision.

"On ne va pas se mentir, on a joué en Argentine des matches assez faciles face à une équipe B. C'est bon pour la confiance, certes, mais samedi, ce sera un tout autre rendez-vous", dit Frédéric Michalak.

"MONTRER LA VOIE"

L'ancien ouvreur fantasque fait aujourd'hui figure de modèle pour les jeunes joueurs.

"Quand Vincent Martin (arrière de Toulon) m'a montré la photo qu'il avait prise de nous deux quand il avait dix ans et qu'il était venu me voir au Stade Toulousain, ça m'a fait rire mais ça m'a mis un coup de vieux", raconte-t-il.

"J'ai aussi dit à Pierrick Gunther (troisième ligne de Toulon) de changer son mot de passe (Michalak-NDLR) parce que sinon il allait se faire pirater ses comptes. D'ailleurs, je trouve que les petits jeunes sont un peu trop calmes par rapport à mon époque."

Son nouveau rôle de leader, Frédéric Michalak l'assume complètement parce qu'il l'a voulu.

"Montrer la voie, c'est important, je souhaite que toute l'équipe soit concernée. Leader, ce n'est pas un rôle qu'on te donne mais que tu vas chercher", explique-t-il.

Sa sélection aussi, il est allé la chercher. Longtemps absent de l'équipe de France, il la retrouve avec quelques explications.

"Nouveau staff, nouvelle aventure. A un moment, je n'ai peut-être pas fait les efforts nécessaires pour revenir en sélection nationale, c'est un cercle vicieux, tu peux très vite baisser les bras, voire tomber dans une dépression, puis il y a eu les Sharks et aujourd'hui Toulon, ça m'a remis sur les rails", dit-il.

"A un moment, ça m'énervait qu'on me parle tout le temps de ma polyvalence et ma capacité à jouer neuf ou dix, c'est la question qu'on ma le plus posée en dix années de carrière, aujourd'hui, ça me fait rire."

C'est en 10 qu'il fera son retour au Stade de France mais plus posé et plus mature, il refuse de penser à trop long terme. Pour lui, la Coupe du monde 2015, "c'est loin".

"Pour l'instant, je pense au match de samedi, je retrouve mes potes, comme Yannick Nyanga, je profite à fond", assure-t-il.

Cette sérénité nouvelle vient aussi du fait qu'en Afrique du Sud, Frédéric Michalak a rencontré sa femme, Cindy, avec qui il a eu son premier enfant, un petit garçon né en avril dernier.

"Elle est Australienne mais samedi, elle sera pour la France", assure-t-il.

Edité par Jean-Paul Couret

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