RPT-Wall Street veut croire que le pire est passé pour les bénéfices

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 (Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche) 
    par Caroline Valetkevitch 
    NEW YORK, 18 avril (Reuters) - A Wall Street, les 
investisseurs veulent croire que des publications de résultats 
trimestriels promises comme les pires depuis 2009 marqueront un 
point bas et ouvriront la voie à un rebond de bon augure pour le 
marché, qui plafonne depuis près d'un an. 
    Le recul des résultats des entreprises cotées amorcé au 
troisième trimestre 2015 devrait se poursuivre jusqu'au deuxième 
trimestre avec une baisse attendue sur cette période de 2,2%, 
après celle de près de 8% anticipée sur les trois premiers mois 
de l'année.  
    Les publications de résultats vont s'accélérer au cours des 
jours à venir avec des vedettes du secteur des hautes 
technologies comme Alphabet  GOOGL.O , IBM  IBM.N  et Intel 
 INTC.O  et une kyrielle de grands noms du secteur de la 
consommation comme Starbucks  SBUX.O , Yum Brands  YUM.N  et 
Coca-Cola  KO.N .  
    Pour certains responsables de stratégies d'investissement 
prudemment optimistes, le rebond des cours du pétrole et 
d'autres matières premières, l'affaiblissement du dollar et une 
croissance faible mais régulière de l'économie américaine 
devraient conduire à une amélioration des résultats des 
entreprises. 
    Si les performances ce celles-ci au premier trimestre sont 
conformes aux attentes, elles marqueront un troisième trimestre 
consécutif de recul des profits et un cinquième trimestre de 
contraction des chiffres d'affaires. Mais pour Richard 
Bernstein, directeur général et responsable des investissements 
de Richard Bernstein Advisors, les comparaisons d'une année sur 
l'autre sont appelées à s'améliorer. 
     
    LES SUJETS D'INQUIÉTUDE NE MANQUENT PAS 
    "Le fond de l'affaire, c'est que l'on ne va pas rejouer 
2015", a-t-il dit, estimant que le point bas de la contraction 
des profits a été atteint à la fin de l'année dernière. Il 
surpondère les secteurs qu'il considère comme très sensibles au 
cycle des profits, c'est à dire les valeurs des secteurs de 
l'énergie, des matériaux de base, de la finance et des 
technologies. 
    Les cours du pétrole, à plus de 40 dollars le baril, sont 
remontés bien au-dessus des points bas proches de 26 dollars 
atteint à la mi-février tandis que l'indice du dollar contre les 
devises des principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis 
est en recul de 3,7% sur un an et que le taux de chômage 
américain est au plus bas depuis près de huit ans. 
    Un retournement de tendance sur les profits des entreprises 
dissiperait l'une des principales craintes des investisseurs, à 
savoir un cycle de résultats durablement faibles.  
    Le S&P 500, l'indice phare de Wall Street, a effacé les 
lourdes pertes enregistrées en début d'année et affiche 
désormais une hausse de 1,8% par rapport à ses niveaux de fin 
2015 tandis que son ratio de capitalisation des bénéfices est 
inférieur à sa moyenne de long terme.  
    Le marché n'en est pas moins 2,5% en dessous de son point 
haut de mai 2015 et les sujets d'inquiétude ne manquent pas  
pour les investisseurs. Seulement 28% des petits porteurs 
interrogés cette semaine par l'Association américaine des 
investisseurs individuels ont déclaré s'attendre à une hausse de 
Wall Street dans les six prochains mois, contre une moyenne de 
long terme de 39%.  
    Les analystes s'attendent actuellement à une baisse de 7,8% 
des bénéfices au premier trimestre selon les données de Thomson 
Reuters, mais ceux de Goldman Sachs estiment que ce chiffre est 
encore trop optimiste.  
     
    POINT BAS EN VUE 
    "Les prévisions des entreprises pour le deuxième trimestre 
risquent d'être abaissées, ce qui se traduira par un recul des 
prévisions de bénéfice par action", écrivent-ils dans une note 
de recherche.  
    Ils relèvent qu'environ 20% des entreprises du S&P 500 
publient des prévisions et que le pourcentage de celles qui les 
ont revues en baisse a augmenté au fil du temps pour atteindre 
83% au quatrième trimestre 2015.  
    "Nous nous attendons à ce que les révisions en baisse des  
bénéfices par action 2016 se poursuivent, les dirigeants 
d'entreprise annonçant encore des révisions en baisse des 
perspectives pour le trimestre à venir", écrivent-ils.  
    Les investisseurs s'inquiètent aussi du recul des flux de 
trésorerie des entreprises du S&P 500 l'année dernière, qui pèse 
sur leur capacité à racheter leurs actions alors que les rachats 
d'actions ont soutenu les bénéfices par action au cours des 
dernières années.  
    Les révisions des estimations de bénéfice par les analystes 
pourraient toutefois avoir touché un point bas, ce qui 
constituerait un signal positif pour le marché.  
    Les estimations de bénéfices au titre du premier trimestre 
ont été revues en baisse de 3,1 points de pourcentage entre le 
début du mois de décembre et la mi-janvier mais celles portant 
sur le deuxième trimestre n'ont été abaissées que de 0,9 point 
de pourcentage depuis le 1er mars, montrent des données de 
Thomson Reuters.  
    "Nous ne nous attendons pas à observer une inflexion dans 
les résultats (au deuxième trimestre) mais il est plus probable 
que le taux de variation diminue" a dit Eric Wiegand, 
gestionnaire de portefeuille de la division de banque privée 
d'U.S. Bank.  
     
 
 (avec Noel Randewich à San Francisco; Marc Joanny pour le 
service français, édité par Marc Angrand) 
 

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