RPT-USA-Un des psys accusés récuse le rapport sur les méthodes de la CIA

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(Mastic titre et para 13) par Matt Spetalnick et Bill Trott WASHINGTON, 11 décembre (Reuters) - Un des deux psychologues qui ont préconisé les méthodes d'interrogatoires de la CIA sous la présidence du président républicain George W. Bush a déclaré mercredi que le rapport du Sénat américain prenait les choses hors de leur contexte et portait des accusations fausses. "C'est un tissu d'idioties", a déclaré James Mitchell à Reuters qui lui demandait de réagir aux conclusions de la commission du Renseignement du Sénat sur les techniques d'interrogation de la CIA. Le rapport de la commission estime que les "interrogatoires poussés" menés par la CIA après les attentats du 11 septembre 2001 ont été souvent trop brutaux et inefficaces. ID:nL6N0TT3FB La CIA a versé 80 millions de dollars (64 millions d'euros) à la firme Mitchell Jessen & Associates, dirigée par James Mitchell et Bruce Jessen, deux anciens psychologues de l'armée de l'air sans expérience en matière d'interrogatoire ni de contre-terrorisme. Ils ont recommandé d'avoir recours à diverses pratiques, dont le waterboarding, un simulacre de noyade, pour les prisonniers capturés après les attentats du 11 septembre, selon le rapport du Sénat. La firme a sous-traité 80% des interrogatoires de l'agence entre 2005 et 2009, année de rupture du contrat. Les deux hommes sont mentionnés dans le rapport sous les surnoms de "Dunbar" et "Swigert". Selon des sources proches des services de renseignement, il s'agit de James Mitchell et de Bruce Jessen. Ce dernier n'a pu être joint. James Mitchell, joint à son domicile en Floride n'a pas voulu dire quelles parties du rapport il considérait comme erronées, faisant valoir un accord de confidentialité avec le gouvernement. POLITIQUEMENT ORIENTÉ Dans ce bref entretien téléphonique, il a toutefois suggéré que le rapport était politiquement orienté, ayant été rédigé par les démocrates, majoritaires à la commission du Renseignement. Ses conclusions, a-t-il dit, visent à "salir" les personnes ayant participé au programme de la CIA. La Société américaine de psychologie a qualifié les informations contenues dans le rapport d'"écoeurantes" et "condamnables". Tout en soulignant que les deux hommes ne font pas partie de ses membres et ne peuvent donc être sanctionnés par elle, l'APA déclare qu'ils doivent être tenus pour "pleinement responsables" pour avoir enfreint la loi. Mercredi, au lendemain de la publication du rapport, le Pentagone a annoncé la fermeture du centre de détention de Bagram, près de Kaboul, principale base américaine en Afghanistan. Deux Tunisiens ont été transférés dans des prisons afghanes et un Jordanien a été libéré. Un des deux Tunisiens transférés aux autorités afghanes est Redha al Nadjar, un des plus anciens prisonniers américains incarcérés dans le cadre de la guerre contre le terrorisme. Soupçonné d'être un garde du corps d'Oussama Ben Laden, il a été arrêté en mai 2002. Redha al Nadjar fut l'un des premiers à avoir été interrogé selon les techniques d'interrogatoire poussées de la CIA, dans un "cachot" près de Kaboul, selon les termes de son avocate. Selon le rapport du Sénat, les interrogatoires du Tunisien sont devenus un modèle pour la gestion des autres détenus dans les prisons secrètes de la CIA. Interrogé sur la chaîne de télévision américaine Fox News, l'ancien vice-président républicain Dick Cheney a déclaré que le rapport était "plein de conneries". "Comment voulez-vous être gentil avec les meurtriers de 3.000 Américains le 11 septembre ?" a déclaré Dick Cheney. "Notre action était parfaitement justifiée. Je ne referais dans la minute." (Avec Frank Jack Daniel à Kaboul et Peter Cooney à Washington; Jean-Philippe Lefief et Danielle Rouquié pour le service français)

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