RPT-Trêve fragile en Syrie, mais moins de morts

le
0
LA TRÊVE DÉJÀ VIOLÉE EN SYRIE
LA TRÊVE DÉJÀ VIOLÉE EN SYRIE

Répétition: coquille dans le premier paragraphe.

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - La trêve entrée en vigueur vendredi en Syrie pour la fête musulmane de l'Aïd al Adha a été violée à plusieurs reprises mais le bilan des victimes était bien inférieur à celui de ces derniers jours.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), sept personnes avaient été tuées en milieu d'après-midi sur l'ensemble du pays, loin des 140 morts enregistrés pour l'ensemble de la journée de jeudi.

Proposé par le médiateur international Lakhdar Brahimi à l'occasion de l'Aïd, qui dure jusqu'à lundi, le cessez-le-feu a été accepté du bout des lèvres par les deux camps et n'a pas été respecté partout.

Des opposants ont annoncé dans la matinée la mort de quatre personnes sous des tirs de chars ou de snipers à Harasta, un faubourg de Damas.

Des rebelles dans une ville du nord du pays proche de la frontière turque où se trouve un correspondant de Reuters ont signalé qu'un des leurs avait été abattu par un tireur embusqué.

"Il n'y a pas d'Aïd pour nous rebelles sur la ligne de front", a déclaré Basel Eissa, un insurgé interrogé sur place. "Le seul Aïd que nous célébrerons sera la libération."

MANIFESTATIONS DANS LE SUD

Des combats ont également repris entre forces gouvernementales et insurgés autour de la base de Wadi al Deïf, verrou sur l'axe Damas-Alep. Les rebelles tentent de prendre d'assaut la caserne et l'artillerie loyaliste a tiré sur un village voisin.

À Homs (centre), l'armée gouvernementale a tiré six roquettes sur le quartier de Khalidiya, tuant une personne et en blessant deux autres.

L'OSDH, ONG basée à Londres proche de l'opposition qui recense les violences dans le pays via un réseau d'informateurs, a ajouté que trois personnes avaient été blessées par des tirs des forces gouvernementales en manifestant à la sortie d'une mosquée à Inkhil, dans la province de Deraa (sud).

Des rassemblements de protestation dans d'autres localités de la province, où le soulèvement contre Bachar al Assad a débuté en mars 2011, ont été dispersés par les forces de sécurité, a précisé Rami Abdoulrahman, président de l'OSDH.

L'APPEL DE LA MECQUE

L'imam de la Grande mosquée de La Mecque a exhorté Arabes et musulmans à prendre des mesures "pratiques et urgentes" pour mettre fin au bain de sang en Syrie.

"Le monde devrait prendre ses responsabilités dans la prolongation de cette douloureuse catastrophe. La responsabilité est encore plus grande pour les Arabes et les musulmans qui devraient s'inciter les uns les autres à soutenir l'opprimé contre l'oppresseur", a déclaré cheikh Saleh Mohammed al Taleb lors de la prière de l'Aïd.

L'armée syrienne a annoncé jeudi qu'elle appliquerait le cessez-le-feu, tout en se réservant le droit de répliquer à d'éventuelles actions de "groupes terroristes armés".

Le président Bachar al Assad est apparu à la télévision publique en train d'assister aux prières de l'Aïd al Adha dans une mosquée de Damas, entouré de hauts responsables.

Un commandant de l'Armée syrienne libre dans la ville de Homs a également assuré que ses combattants respecteraient la trêve mais il a réclamé la libération de milliers de prisonniers dès vendredi matin. Certains groupes rebelles islamistes, comme le Front al Nousra, ont rejeté l'arrêt des combats.

Après une nuit d'affrontements à Alep, Damas et dans l'ouest du pays, l'OSDH a constaté que le pays était calme dans l'ensemble aux premières heures de la journée, avant les premiers incidents.

LE HCR PRÊT À AGIR

Le conflit en Syrie a fait plus de 32.000 morts depuis mars 2011, selon l'OSDH.

Prédécesseur de Lakhdar Brahimi, Kofi Annan était lui aussi parvenu à arracher une trêve aux belligérants en avril, mais elle n'avait pas tenu longtemps.

Les agences humanitaires de l'Onu se tiennent toutefois prêtes à profiter de la moindre accalmie dans les combats pour tenter de fournir une aide aux civils, a dit un responsable des Nations unies à Genève.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) s'est préparé à distribuer une aide d'urgence à 13.000 familles dans des zones jusqu'alors inaccessibles, notamment à Homs et à Hassaka, ville du nord-est de la Syrie.

Le Programme alimentaire mondial, autre agence de l'Onu, a identifié 90.000 personnes en 21 endroits différents, d'Alep à Homs en passant par Lattaquié, auxquelles il va tenter de faire parvenir une aide par le biais d'agences locales.

Bertrand Boucey, Jean-Stéphane Brosse et Pascal Liétout pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant