RPT-Travail-Les frondeurs du PS somment Valls de ne pas passer en force

le , mis à jour à 18:31
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 (Précise l'auteur de la citation, § 4) 
    PARIS, 4 mai (Reuters) - Les députés "frondeurs" du groupe 
socialiste qui sont hostiles, en l'état, au projet de loi sur le 
travail demandent que l'exécutif n'utilise pas la procédure 
contraignante du 49-3 pour faire adopter son texte par 
l'Assemblée. 
    Les députés ont engagé mercredi l'examen de la cinquantaine 
d'articles que compte le projet présenté par Myriam El Khomri, 
la ministre du Travail, et sur lesquels ont été déposés 4.693 
amendements, dont la moitié par le groupe Front de gauche. 
    Les députés socialistes "frondeurs" estiment qu'il n'y a pas 
de majorité à l'Assemblée pour faire adopter ce texte 
controversé. Le Front de gauche et une partie des écologistes y 
sont opposés de même, mais pour des raisons opposées, que les 
groupes Les Républicains (LR) et UDI (centriste). 
    "Il y a une quarantaine de députés socialistes qui sont 
résolus à ne pas voter ce texte, ce qui est une bonne nouvelle 
pour moi puisque ça veut dire que le Parlement va vraiment jouer 
son rôle", a déclaré l'un d'eux, Jean-Marc Germain, devant la 
presse parlementaire. 
    "J'espère que le gouvernement ne va pas utiliser l'article 
49-3 face à cette opposition-là", a poursuivi ce proche de 
Martine Aubry à propos de la procédure qui permet un vote bloqué 
-- approbation du projet ou chute du gouvernement. 
    Il a estimé que si Manuel Valls s'engageait à ne pas 
l'utiliser, "ça rassurerait aussi les Français qui manifestent 
ou qui pétitionnent ou qui s'expriment sur les réseaux sociaux" 
afin d'"essayer de trouver des solutions". 
    Christian Paul, chef de file des "frondeurs", a reproché au 
gouvernement de vouloir faire passer le texte "en force". 
    "Si ce débat est interrompu dans les tout prochains jours, 
ce sera une échec politique majeur" pour le gouvernement, a-t-il 
dit en promettant une "bataille acharnée" contre le projet. 
    Après la pause du congé de l'Ascension, les députés 
reprendront lundi l'examen du projet de loi. Il est prévu qu'ils 
siègent ensuite mardi, mercredi et jeudi, un vote solennel sur 
l'ensemble du texte étant prévu le 17 mai. 
    Cela semble très juste pour pouvoir examiner les 4.693 
amendements, d'autant plus que ni le gouvernement, ni le groupe 
socialiste n'ont demandé l'application de la procédure dite du 
temps programmé qui prévoit une "enveloppe temps" pour chacun 
des groupes afin de réduire la durée des débats. 
    De nombreux députés s'interrogent donc et se demandent si le 
gouvernement ne va pas passer en force. 
    Le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, 
Jean-Marie Le Guen, a affirmé mercredi sur BFM TV et RMC que 
l'utilisation de cette procédure n'était pas "le choix" du 
gouvernement mais a dit que "cette loi doit passer". 
    Manuel Valls avait déjà utilisé le 49-3 le 17 février, le 16 
juin et le 9 juillet 2015 afin de faire adopter, lors de ses 
différentes lectures, le projet de loi controversé sur la 
croissance et l'emploi, la "loi Macron". 
 
 (Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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