RPT-SYNTHESE-Les négociations sur la Grèce à nouveau dans l'impasse

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* Reprise des discussions d'experts à 04h00 GMT * Nouvelle réunion de l'Eurogroupe fixée jeudi à 11h00 GMT * Retraites et impôts restent des points de divergence * La Grèce risque un défaut de paiement le 30 juin * Ce que les créanciers demandent à la Grèce: ID:nL8N0ZA40H * Ce que la Grèce propose: ID:nL8N0Z91IC par Jan Strupczewski et Renee Maltezou BRUXELLES, 25 juin (Reuters) - Les négociations sur la dette grecque semblent à nouveau dans l'impasse à six jours d'une échéance susceptible de placer la Grèce en situation de défaut de paiement. Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne doivent se réunir à Bruxelles, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a discuté jusqu'en début de nuit jeudi avec les chefs des "institutions" (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) pour tenter d'arracher un accord "argent frais contre réformes" avant une nouvelle réunion de l'Eurogroupe à 13h00 (11h00 GMT). Mais le chef du parti de gauche Syriza a quitté les discussions vers 01h00 et un responsable de son gouvernement a déclaré: "Le gouvernement grec reste ferme sur ses positions." Les tractations entre experts doivent désormais reprendre à 06h00 (04h00 GMT) et Tsipras retrouver à 09h00 le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, le président de la BCE Mario Draghi, la directrice générale du FMI Christine Lagarde, et Jeroen Dijsselbloem, le président néerlandais de l'Eurogroupe, avec lesquels il a passé une bonne partie de l'après-midi de mercredi, sans résultat. Une réunion de l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro, a également eu lieu en début de soirée, la dixième consacrée à la Grèce depuis l'alternance politique à Athènes, mais elle a tourné court. Loin de l'optimisme qui prévalait en début de semaine, lorsque la Commission européenne présentait les nouvelles propositions présentées par Athènes comme "une bonne base de progrès", le ton a changé entre les protagonistes de ce marathon lancé il y a plus de cinq mois après la victoire du parti de gauche anti-austérité Syriza aux législatives grecques. Les positions semblent de nouveau très éloignées alors que se rapproche la date du 30 juin, quand la Grèce, à court d'argent, est censée rembourser 1,6 milliard d'euros au Fonds monétaire international. ATHÈNES CRITIQUE DES CONTRE-PROPOSITIONS "ABSURDES" "Nous n'avions rien de tangible sur quoi travailler", a confié un responsable de la zone euro proche des discussions. "La perte de confiance devient extrême. Il est difficile de voir comment nous pouvons continuer." Côté grec, on a critiqué toute la journée les contre-propositions des "institutions", jugées "absurdes" par le ministre d'Etat pour la coordination du projet gouvernemental, Alekos Flabouraris. Les contre-propositions des créanciers réclament notamment la mise en oeuvre intégrale des réformes de 2010 et 2012 et le lancement dès le 1er juillet de réformes permettant de générer des économies représentant 0,25% à 0,5% du PIB en 2015 et 1% en année pleine dès 2016. De source grecque, on déclare que le document de cinq pages présenté par les créanciers, rempli de ratures et de mots soulignés de rouge, constitue une copie de leur précédente offre et prend à peine en compte les dernières propositions d'Athènes. "Les institutions ont soumis un nouveau projet qui fait porter le fardeau aux salariés et aux retraités d'une manière socialement injuste et elles ont proposé des mesures qui permettent à ceux qui peuvent le supporter d'éviter de porter le fardeau", a dit dans la soirée un responsable grec. Le fait que le nouveau programme de réformes proposé par Athènes repose principalement sur des hausses d'impôts et de cotisations sociales et non sur des économies, n'a pas convaincu les créanciers. "On ne peut pas bâtir un programme sur la seule promesse d'une meilleure collecte des impôts", explique Christine Lagarde dans un entretien au magazine Challenges. TSIPRAS DÉNONCE UNE ATTITUDE "ÉTRANGE" DES CRÉANCIERS Avant de quitter Athènes pour Bruxelles, Alexis Tsipras a dénoncé sur son fil Twitter l'attitude "étrange" de "certains" créanciers, visant le FMI. "Il n'est jamais arrivé auparavant que des mesures de compensation ne soient pas acceptées. Ni en Irlande ni au Portugal. Nulle part. Cette attitude étrange ne peut signifier qu'une chose: soit ils ne veulent pas d'un accord, soit ils servent des intérêts particuliers en Grèce." Autre point de blocage, la question d'un allègement de la dette grecque sur laquelle Athènes réclame un engagement, mais que rejettent plusieurs ministres de l'Eurogroupe. "Nous n'avons pas pu renvoyer quoi que ce soit à qui que ce soit parce qu'il n'y avait rien sur la table", a déclaré le ministre finlandais des Finances, Alexander Stubb, à l'issue de la réunion de l'Eurogroupe. "J'ai le sentiment qu'il n'y a pas eu grand chose de neuf depuis lundi", a lâché le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, dont le pays est le principal Etat prêteur de la Grèce. Des nouvelles négociations prévues jeudi dépend la suite du processus, alors que les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se réunissent en sommet à Bruxelles à 18h00 (16h00 GMT). "La réunion de l'Eurogroupe de demain (jeudi) ne sera peut-être pas la dernière", a reconnu un responsable de la zone euro. Les divergences persistantes entre Athènes et ses créanciers ont ravivé les inquiétudes des investisseurs et Wall Street, comme la plupart des Bourses européennes, a fini en baisse. Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a estimé que les négociations pourraient se prolonger au-delà du sommet européen, rappelant que la date butoir était à la fin du mois. (avec les rédactions de Bruxelles et Athènes; Myriam Rivet, Bertrand Boucey, Patrick Vignal et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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