RPT SYNTHESE 1 -Le G20 s'engage à soutenir la croissance après le Brexit

le , mis à jour à 16:07
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 (Ajout §16 sur l'acier) 
    * L'impact du Brexit a dominé la réunion de Chengdu 
    * Le G20 utilisera "tous les leviers" pour aider la 
croissance 
    * Il reconnaît que la croissance doit être mieux partagée 
 
    par William Schomberg et Elias Glenn 
    CHENGDU, Chine, 24 juillet (Reuters) - Les ministres des 
Finances et banquiers centraux du Groupe des 20 économies les 
plus importantes de la planète ont renouvelé dimanche leur 
engagement à soutenir la croissance et à mieux en partager les 
fruits, au terme d'une réunion dominée par l'impact de la sortie 
de la Grande-Bretagne de l'Union européenne et par le risque 
protectionniste. 
    Philip Hammond, le nouveau ministre britannique des 
Finances, a assuré à ses collègues réunis à Chengdu, dans la 
province chinoise du Sichuan, que les incertitudes autour du 
"Brexit" commenceraient à s'estomper une fois que Londres aura 
présenté sa vision de ses relations futures avec l'Europe, dans 
les prochains mois espère-t-il. Mais il a reconnu que la 
volatilité sur les marchés financiers pourraient perdurer durant 
les négociations qui dureront plusieurs années. 
    "L'incertitude commencera à retomber quand nous serons en 
mesure de dire clairement quel genre d'arrangement nous 
envisageons avec l'Union européenne", a-t-il dit à la presse. 
    "Si nos partenaires de l'Union européenne répondent 
positivement à une telle vision -- mais cela sera évidemment 
sujet à négociation -- alors on pourra s'accorder sur où nous 
voulons aller (...) et j'espère que cela enverra un signal 
rassurant au monde des affaires et aux marchés." 
    Dans le communiqué publié à l'issue de la réunion de deux 
jours, les ministres du G20 reconnaissent que le Brexit, qui a 
dominé les discussions, avait ajouté de l'incertitude à une 
économie mondiale dont la croissance est "plus faible que ce qui 
serait souhaitable". Ils jugent toutefois les Etats membres 
"bien placés pour traiter de manière proactive les conséquences 
économiques et financières potentielles." 
    "Au vu des récents développements, nous réitérons notre 
détermination à utiliser tous les leviers de politique -- 
monétaire, budgétaire et structurel -- individuellement et 
collectivement pour parvenir à notre objectif d'une croissance 
forte, durable, équilibrée et inclusive", poursuit le 
communiqué. 
    Mardi, le FMI a revu en baisse ses prévisions de croissance 
mondiale à cause des incertitudes liées au Brexit.   
    Alors que la politique monétaire avait dominé les 
précédentes réunions des grands argentiers du G20, le sujet a 
été peu débattu cette fois et les discussions ont surtout porté 
sur la croissance, a déclaré le gouverneur de la Banque de 
France François Villeroy de Galhau. 
    Le secrétaire américain au Trésor, Jack Lew, a fait état 
d'un large consensus autour de la nécessité d'une croissance 
plus forte. Un consensus facile à atteindre, a noté 
malicieusement le ministre chinois Lou Jiwei, puisque la 
croissance actuelle est trop faible. 
     
    LES SURCAPACITÉS, UN PROBLÈME MONDIAL 
    Le spectre du protectionnisme, réveillé non seulement par le 
Brexit mais aussi par les promesses de campagne du candidat 
républicain Donald Trump aux Etats-Unis, s'est aussi invité à la 
réunion du G20. 
    "Il n'y a pas seulement le Brexit mais aussi d'autres 
risques pour la croissance, et il y eu beaucoup de débats sur la 
nécessité d'être vigilants face à d'autres évolutions comme le 
terrorisme, les risques géopolitiques ou les flux de réfugiés",  
dit un responsable du ministère japonais des Finances. "Beaucoup 
d'inquiétudes ont été exprimées concernant le protectionnisme." 
    Dans le communiqué, le G20 souligne "le rôle du 
libre-échange et d'un système de commerce international fort et 
sûr pour promouvoir une croissance économique mondiale 
inclusive", c'est-à-dire générant un fort taux d'emploi, et il 
s'engage à produire de nouveaux efforts pour "revitaliser le 
commerce mondial et augmenter l'investissement." 
    Il reconnaît les difficultés engendrées par les surcapacités 
industrielles, en particulier dans le secteur de l'acier, et les 
conséquences négatives qu'elles ont pour le commerce et les 
travailleurs. Les surcapacités "constituent un problème mondial 
qui requiert des réponses collectives", affirme le communiqué. 
    "Nous reconnaissons aussi que les subventions et autres 
types de soutien apportés par les gouvernements ou institutions 
publiques peuvent causer des distorsions de marché et contribuer 
à des situations de surcapacités, cela requiert donc de 
l'attention", ajoute-t-il. 
    Le problème des surcapacités n'était pas mentionné dans les 
communiqués des précédentes réunions du G7, en février et en 
avril. Celui publié ce week-end ne cible pas nommément la Chine, 
accusée de dumping par les Etats-Unis et d'autres pays, mais 
Jack Lew a dit avoir évoqué le problème avec son homologue 
chinois.  
    Les risques de dévaluations compétitives ont également été 
évoqués et les ministres du G20 se sont une nouvelle fois 
engagés à ne pas y avoir recours, mais ce sujet, bien que 
mentionné dans le communiqué, ne semble pas avoir tenu une place 
aussi importante dans les discussions qu'à la précédente réunion 
du G20 en février à Shanghai. 
    Taro Aso, le ministre japonais des Finances, s'est toutefois 
publiquement inquiété de la dépréciation du yuan chinois. 
    "Que ce soit à la hausse ou à la baisse, des mouvements trop 
rapides du yuan ne sont pas souhaitables", a-t-il dit à la 
presse. "D'ailleurs l'affaiblissement du yuan n'est pas 
forcément une bonne chose pour l'économie chinoise : il favorise 
peut-être les exportations mais renchérit les coûts à 
l'importation." 
    Haruhiko Kuroda, le gouverneur de la Banque du Japon, a 
assuré que les participants n'avaient pas discuté d'un recours à 
de la "monnaie hélicoptère", terme imagé pour désigner la 
distribution directe d'argent aux ménages afin de stimuler la 
croissance et l'inflation. 
    "Cette réunion du G20 n'a pas discuté de choses considérées 
comme de la monnaie hélicoptère, et cette expression de monnaie 
hélicoptère n'a d'ailleurs pas été employée du tout", a-t-il 
dit, balayant une nouvelle fois les spéculations sur un possible 
recours du Japon à cette mesure extrême. 
 
 (avec Jan Strupczewski, Gernot Heller, Tetsushi Kajimoto, David 
Lawder et Kevin Yao, Julie Carriat et Véronique Tison pour le 
service français) 
 
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