RPT-REPORTAGE-Avec Renault, Wuhan, la "Detroit" chinoise, se dote d'une 9e usine

le , mis à jour à 10:16
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 (Répétition titre, texte sans changement) 
    * Renault inaugure sa 1ère usine dans le bastion industriel 
de Wuhan 
    * La ville produit à elle seule autant de véhicules que la 
France 
    * 10 après le début du boom, la cité a encore des allures de 
ville nouvelle en construction 
    * Incertitude économique, transition énergétique en toile de 
fond 
 
    par Gilles Guillaume 
    WUHAN, Chine, 1er février (Reuters) - "Il neige sur Wuhan, 
c'est un bon présage." Zhao Wei, du service des achats de la 
nouvelle usine chinoise de Renault  RENA.PA , aurait sans doute 
trouvé un autre symbole si les conditions météorologiques 
avaient été différentes pour l'inauguration du site. 
    Dans la tradition chinoise, tout est affaire de 
porte-bonheur, jusqu'aux noms propres dont on attend qu'ils 
envoient un message positif. Et ce quadra espère que l'arrivée 
de Renault - en Chinois "Lei Nuo", promesse de tonnerre - fera 
grand bruit et continuera à métamorphoser la ville où il a 
grandi. 
    Surnommée la Detroit chinoise en référence à l'ancien coeur 
de l'industrie automobile américaine, Wuhan a derrière elle 150 
ans d'histoire industrielle, mais sa mue s'est accélérée 
récemment avec le boom automobile chinois, faisant d'elle l'un 
des principaux centres de production de véhicules au monde. 
    "En douze ans, le changement a été énorme", résume ce futur 
papa d'un deuxième enfant, comme l'autorise désormais la 
législation chinoise. "L'endroit était désert, avec des champs 
abandonnés. Maintenant, il y a beaucoup de résidences 
construites, ou en cours de construction." 
    Wuhan reste une ville en chantier. L'affichage public 
portant le slogan "une ville chaque jour différente" peut se 
lire au sens propre comme au figuré. De nombreux blocs 
d'immeubles, souvent d'au moins une vingtaine d'étages, 
continuent de sortir de terre un peu partout, et tous les 
véhicules qui circulent autour de l'aéroport en portent les 
traces poussiéreuses. 
    Même si, à l'aune du pays, ce n'est qu'une agglomération de 
deuxième catégorie, l'ancien carrefour commercial du fleuve 
Yangtze compte aujourd'hui plus de dix millions d'habitants, 
dont une partie significative travaille directement ou 
indirectement dans l'automobile. 
    En 2015, la ville a produit 1,8 million de véhicules grâce à 
Honda  PEUP.PA  Dongfeng  0489.HK , General Motors  GM.N  et aux 
trois usines de PSA Peugeot Citroën  PEUP.PA , soit en tout huit 
sites d'assemblage, et maintenant neuf avec Renault. 
    C'est autant que la production totale de toutes les usines 
françaises réunies - Renault, PSA, Toyota et Smart - en 2014, 
dernière année pour laquelle les chiffres sont disponibles. 
     
    L'AVENIR DE LA VILLE AU COEUR DU 13E PLAN 
    Le coup d'arrêt brutal qu'a connu le marché automobile 
chinois dans le courant de 2015 a rencontré sur place un écho 
d'autant plus fort. Si la demande a rebondi à la fin de l'année 
grâce à des aides à l'achat de petits véhicules, la croissance 
est attendue cette année entre 4% et 7%, loin du boom à deux 
chiffres des années passées. 
    "On a certainement un peu d'inquiétude", reconnaît Zhao Wei. 
"Mais la confiance l'emporte sur la peur, car Dongfeng et 
Renault sont deux sociétés puissantes." 
    La question de la durabilité du succès de Wuhan, comme des 
autres pôles industriels chinois, sera au coeur du 13e plan 
quinquennal que Pékin doit dévoiler prochainement. Dans le cadre 
de la transition énergétique, il devrait notamment y être 
question du développement de sites industriels plus respectueux 
de l'environnement et des nouveaux modes de mobilité, notamment 
les véhicules électriques. 
    L'automobile à Wuhan, également grande ville universitaire, 
peut compter sur une main d'oeuvre jeune et nombreuse: 95% des 
salariés de la nouvelle usine Renault ont moins de 35 ans, et 
l'âge moyen d'un ouvrier sur la chaîne d'assemblage est de 25 
ans. 
    Mais elle a aussi formé en une dizaine d'années une 
génération de jeunes cadres confirmés, comme Zhao Wei, qui a 
travaillé sept ans au siège de Dongfeng avant de rejoindre la JV 
chinoise de Renault, ou Fan Guimin, 37 ans dont quinze dans 
l'automobile, qui a rejoint l'atelier peinture de la nouvelle 
usine. 
    Les accompagnateurs français sont du coup moins nombreux que 
sur d'autres projets de ce type, et restent moins longtemps. "Il 
y a très peu d'expatriés, on a principalement travaillé avec des 
collaborateurs locaux expérimentés", observe au département 
d'ingénierie Muriel Queau, détachée du Technocentre de 
Guyancourt. Elle a commencé sa carrière chez Renault, mais en  
Roumanie, où elle a déjà accompagné le lancement de la première 
Logan en 1999. 
     
    * voir aussi : 
    Renault arrive en Chine avec une usine et des crossovers 
      
 
 (Edité par Jean-Michel Bélot) 
 

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