RPT-Rentrée européenne sous le signe de relance de l'Union

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 (Répétition sans changement de l'avant-papier paru vendredi) 
    * Réunion Hollande-Merkel-Renzi lundi près de Naples 
    * Préparation du sommet européen du 16 septembre à 
Bratislava 
    * L'enjeu est de donner un sursaut à l'UE après le Brexit 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 22 août (Reuters) - La réunion entre François 
Hollande, Angela Merkel et Matteo Renzi lundi près de Naples 
ouvre une séquence de rentrée européenne très dense destinée à 
régénérer une Union freinée par les crises, à commencer par le 
départ annoncé du Royaume-Uni. 
    Plusieurs rendez-vous sont prévus d'ici le sommet européen 
du 16 septembre à Bratislava censé mettre sur les rails une 
série de projets concrets pour rassurer et rassembler une Europe 
traumatisée par le terrorisme, la crise des réfugiés et la 
sortie de la Grande-Bretagne, décidée fin juin par référendum.  
    Trois jours après le sommet italien, une réunion des 
dirigeants sociaux-démocrates européens se tiendra jeudi au 
château de la Celle Saint-Cloud, près de Paris, théâtre habituel 
de réunions diplomatiques de haut niveau. Le Premier ministre 
grec Alexis Tsipras, le président du Parlement européen Martin 
Schulz et le Premier ministre français, Manuel Valls, sont 
annoncés. 
    Au chapitre franco-allemand, François Hollande et Angela 
Merkel dîneront ensemble le 2 septembre à Evian (Haute-Savoie), 
où se tient chaque année une réunion de chefs d'entreprises des 
deux côtés du Rhin. 
    Une semaine plus tard à Athènes, le président français 
participera à une réunion des pays d'Europe du Sud organisée par 
Alexis Tsipras.   
    Lundi, c'est sur l'île italienne de Ventotene que le 
président français, la chancelière allemande et le président du 
Conseil italien se retrouvent pour préparer le sommet de 
Bratislava, capitale de la Slovaquie qui préside actuellement 
l'Union européenne. 
    Les trois dirigeants rendront hommage au penseur italien 
europhile Altiero Spinelli (1907-1986), avant un dîner à bord du 
Garibaldi, porte-aéronefs qui abrite le commandement de 
l'opération européenne Sofia visant à lutter contre les passeurs 
et le trafic des armes en Méditerranée.  
     
    DÉFENSE, JEUNESSE 
    Malgré une actualité chargée, avec la guerre en Syrie, la 
récente tentative de coup d'Etat en Turquie et les suites du 
"Brexit", les travaux devraient se concentrer sur l'avenir de 
l'Union européenne.  
    "L'objet de la réunion est vraiment la préparation de 
Bratislava. Il faut éviter le piège dans lequel tombent souvent 
les conseils européens, qui est de traiter de l'actualité au 
détriment de l'ordre du jour", explique un diplomate français. 
"Il faut maintenir cet effort de concentration, car il y a une 
nécessité à préparer la relance de l'Europe." 
    Conformément aux axes définis par Angela Merkel, Matteo 
Renzi et François Hollande à Berlin le 27 juin - entérinés peu 
après par le Conseil européen -, la sécurité, l'économie et la 
jeunesse seront privilégiées. 
    Au chapitre sécuritaire, la lutte contre le terrorisme 
devrait être renforcée par la mise en place prochaine du système 
Ethias (European Union Travel Information and Authorisation 
System), équivalent européen du dispositif américain Esta 
permettant de contrôler l'identité des personnes candidats à une 
entrée dans l'Union. 
    Le corps européen de garde-frontières et de garde-côtes 
décidé il y a un an, auquel la France devrait contribuer à 
hauteur de 170 hommes environ, devrait voir le jour avant la fin 
de l'année.  
    Dans un contexte d'instabilité mondiale, une réflexion plus 
large sur la défense européenne est aussi en cours.  
    "On voit aujourd'hui qu'il faut aller beaucoup plus loin car 
la menace est plus proche, les Américains ne sont pas toujours 
présents et avec la sortie programmée de la Grande-Bretagne, on 
perd une capacité militaire", explique un diplomate européen.  
    La défense figure au nombre des secteurs visés par le Fonds 
européen pour les investissements stratégiques, dit "plan 
Juncker", adopté en 2015 et actuellement doté de 315 milliards 
d'euros sur trois ans. 
    François Hollande devrait réitérer sa proposition de doubler 
le montant de ce plan, qui prévoit aussi de favoriser en Europe 
le développement les secteurs du numérique et de l'économie 
"verte".  
    Pour les jeunes, principales victimes du chômage en Europe, 
les dirigeants des 27 prévoient d'élargir aux collégiens, 
lycéens ou apprentis le programme Erasmus d'échanges 
d'étudiants. 
 
 (Edité par Yann Le Guernigou) 
 
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