RPT-Polémique sur l'envoi d'un émissaire socialiste au Mexique

le
0

Répétition: coquille au 2e paragraphe.

PARIS (Reuters) - La droite a vivement condamné samedi la visite d'un émissaire de François Hollande au Mexique, perçue comme une intrusion dans le dossier Florence Cassez et qualifiée "d'opportunisme électoral" à huit jours du premier tour de l'élection présidentielle.

Plus tôt, les proches de Florence Cassez avaient également dénoncé la visite de l'ancien ministre de la Justice Michel Vauzelle, estimant qu'elle mettait en danger la défense de la Française.

En mars, la Cour suprême du Mexique a refusé une remise en liberté de Cassez, condamnée en 2008 à soixante ans de prison pour complicité d'enlèvement -accusation qu'elle conteste catégoriquement- mais quatre des cinq juges de la plus haute juridiction ont reconnu que ses droits avaient été violés dans la procédure, ouvrant la voie à une nouveau procès.

En déplacement dans le Val-de-Marne, le président-candidat Nicolas Sarkozy a estimé que la Française incarcérée au Mexique méritait mieux que "d'être utilisée d'une façon aussi basse".

"Tout se passe comme si Monsieur Hollande se voyait déjà à l'Elysée, Monsieur Vauzelle peut-être au ministère des Affaires étrangères", a de son côté déclaré Alain Juppé à la presse.

"Cette instrumentalisation politique et électorale de la situation risque d'être extrêmement dangereuse et donc il faut tout faire pour éviter une interférence politique dans ce processus et laisser fonctionner la justice mexicaine", a ajouté le chef de la diplomatie française.

Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole de Nicolas Sarkozy, a dénoncé un "pur opportunisme électoral" de la part du PS.

"C'EST UN PEU PITOYABLE"

Pour l'avocat de Florence Cassez, Frank Berton, interrogé sur France Info, "tenter de venir récupérer le dossier de Florence Cassez (...) et l'inviter dans la campagne électorale française c'est quelque chose d'assez incompréhensible et de totalement surprenant".

Le PS assure pourtant que la visite de Michel Vauzelle a pour seul objectif de préparer le sommet du G20 qui doit avoir lieu au Mexique en juin prochain.

"Aucune initiative parallèle, directe ou indirecte, politique ou diplomatique n'a été engagée", écrit dans un communiqué Frédéric Cuvillier, co-président du comité parlementaire de soutien à Florence Cassez et conseiller mer, pêche et littoral de François Hollande.

"C'est tellement gros (...) c'est un peu pitoyable", a de son côté estimé la première secrétaire du Parti socialiste Martine Aubry.

Un retournement au sein du PS, d'après Frank Berton, qui dit s'en réjouir.

"La situation change. Tant mieux. Je souhaite que le dossier de Florence Cassez ne soit pas évoqué par l'émissaire de M. Hollande. S'il ne le fait pas, dont acte", a-t-il dit à Reuters.

Nicolas Sarkozy s'est personnellement investi dans la défense de Florence Cassez. Il avait tenté, en vain, d'obtenir son transfèrement dans une prison française lors d'une visite au Mexique en 2009 et l'affaire a pesé lourdement sur les relations entre Paris et Mexico.

Sa volonté de dédier en 2011 l'Année du Mexique en France à la Française de 37 ans avait provoqué la colère des autorités mexicaines et conduit à l'annulation de cette manifestation culturelle.

Chine Labbé, avec Yann Le Guernigou et Pierre Savary à Lille, édité par Jean-Stéphane Brosse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant