RPT-Pakistan-Manifestants moins nombreux que prévu mais déterminés

le
0

(Mastic au 1er paragraphe) par Katharine Houreld et Syed Raza Hassan ISLAMABAD, 17 août (Reuters) - Des dizaines de milliers de manifestants ont envahi samedi les rues de la capitale du Pakistan, Islamabad, promettant de rester dans la rue jusqu'à la démission du Premier ministre Nawaz Sharif. Les manifestants, qui répondaient en deux défilés séparés à l'appel du dirigeant d'opposition Imran Khan et du dignitaire musulman Tahir ul-Qadri, étaient nettement moins nombreux que prévu par les organisateurs mais leur mouvement paralyse le quartier des affaires dans le centre de la capitale. Les deux marches ont réuni au total 60.000 personnes, selon la police. A l'aide de containers et de barbelés, la police anti-émeutes a interdit aux manifestants l'accès à deux rues dans le centre d'Islamabad. "Le Premier ministre et le Ministre en chef du Pendjab doivent immédiatement démissionner et être envoyés en prison", a tonné Tahir ul-Qadri, à son arrivée à bord d'un convoi de Toyota noires aux vitres teintées tachetées de pétales de roses. "Les participants à la marche de la Révolution ne partiront pas d'ici avant la démission de Nawaz Sharif et Shahbaz Sharif, la dissolution du gouvernement et leur arrestation subséquente", a-t-il ajouté. Le religieux, qui vit d'habitude en exil au Canada, s'exprimait d'un pupitre en bois improvisé installé au-dessus d'un container, flanqué de deux hommes en noir accroupis à sa droite et à sa gauche et portant des couvertures à l'épreuve des balles. DÉMISSION Tahir ul-Qadri, qui contrôle un réseau d'école et d'oeuvres de bienfaisance, appelle à la mise en place d'un gouvernement de techniciens. Il promet de lutter contre la corruption et de mettre en place de mesures sociales dans le domaine du logement et de l'emploi. Le religieux proteste aussi contre la mort de 14 de ses partisans tués dans des heurts avec la police en juin. Il a tenté de faire enregistrer sa plainte accusant le Premier ministre pour ces morts, mais la police a refusé de l'entendre. Samedi, la Haute Cour de la ville de Lahore, capitale du Pendjab, a ordonné que sa plainte soit enregistrée. La manifestation de l'ancien champion de cricket Imran Khan, qui préside le parti d'opposition Pakistan Tehreek-e-Insaaf, était moins importante. Imran Khan demande aussi la démission de Nawaz Sharif, qu'il accuse d'avoir truqué les élections de l'an dernier. Le parti de Nawaz Sharif avait obtenu la majorité absolue avec 190 sièges sur 342. Imran Khan a lui aussi réalisé une performance. Sans expérience en politique, son parti a remporté 34 sièges, ce qui en fait le troisième par importance à l'Assemblée nationale. L'ancien champion estime qu'il aurait dû obtenir davantage de représentants. "Je freine (mes partisans) maintenant, mais je pourrais ne plus pouvoir le faire sous peu", a-t-il lancé. Certains membres du parti de Nawaz Sharif estiment que l'armée, dont les relations avec le chef du gouvernement ne sont pas bonnes, agit en sous-main dans ces manifestations. (Avec Mehreen Zahra-Malik; Danielle Rouquié pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant