RPT-Ouverture lundi à Dakar du procès de Hissène Habré

le , mis à jour à 10:11
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(RPT titre) DAKAR, 19 juillet (Reuters) - Le procès de l'ancien dirigeant tchadien Hissène Habré s'ouvre lundi à Dakar où il devra répondre de plusieurs chefs d'accusations de crimes contre l'humanité. Agé de 72 ans, l'ex-président tchadien souffre de problèmes cardiaques. On ignore dans quelle mesure son état de santé pourrait affecter son procès. Hissène Habré a été arrêté en 2013 au Sénégal où il vivait en exil depuis le coup d'Etat mené contre lui par Idriss Déby, l'actuel président tchadien, en 1990. Des associations de défense des droits de l'homme le disent responsable de la torture ou de la mort de 40.000 personnes lors des huit années pendant lesquelles il a présidé le Tchad. Le Sénégal, sous la pression internationale, a mis sur pied une juridiction spéciale au sien de son système judiciaire pour enquêter sur ces accusations. Quatre magistrats ont enquêté pendant plus d'un an et demi, principalement au Tchad. Ils ont interrogé des témoins et victimes du régime Habré, analysé des documents de la police secrète de l'ex-président et examiné des fosses communes. Le procès se tiendra devant un collège de trois magistrats, deux Sénégalais et un juge président d'un autre Etat membre de l'Union africaine. Hissène Habré, qui ne reconnaît pas la juridiction du tribunal spécial, a jusqu'ici refusé de participer à la procédure. Ses avocats n'ont pu être joints pour commenter l'information. En novembre dernier, 21 Tchadiens, appartenant pour certains à la police secrète de l'ex-président tchadien, ont été inculpés par la juridiction spéciale pour des faits de torture et d'homicide. Ce procès survient dans un contexte de frictions entre certains pays africains et les instances de la justice internationale. En juin, le président soudanais Omar al Bachir a été brièvement interdit de quitter le territoire sud-africain à la demande de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye qui réclamait son arrestation. Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir en Afrique du Sud, a accusé le tribunal de La Haye de s'acharner de façon sélective contre certains pays d'Afrique et d'Europe de l'Est. (Daniel Flynn et Thomas Escritt,; Nicolas Delame pour le service français)

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