RPT-Maliki mobilise l'aviation pour les Kurdes dans le nord de l'Irak

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(Rpt titre) * Les Kurdes, dernier rempart contre l'Etat islamique * Le PM irakien somme l'armée de l'air de les aider * Les Kurdes disent vouloir lancer une contre-offensive * Les Kurdes de Turquie appelés à aider les Kurdes d'Irak par Isra' al Rubai'i BAGDAD, 4 août (Reuters) - Le Premier ministre irakien Nouri al Maliki a ordonné pour la première fois lundi à son armée de l'air d'aider ses adversaires kurdes face à l'avancée des combattants de l'Etat islamique (EI), qui ont enregistré la veille une victoire importante, rapporte la télévision publique irakienne. Les peshmerga (combattants) kurdes irakiens, qui ont fait leurs classes en luttant contre l'armée de Saddam Hussein, ont également reçu le soutien des Kurdes de Turquie, qui ont lancé un appel à la mobilisation. De fait, les peshmerga sont considérés comme l'un des derniers remparts contre les insurgés de l'Etat islamique (EI, ex-EIIL) alors que l'armée régulière du chiite Nouri al Maliki s'est révélée incapable de s'opposer à la percée surprise de ces djihadistes au mois de juin. Dimanche, l'EI a toutefois infligé aux peshmerga une défaite humiliante en s'emparant de trois villes, dont celle de Sinjar, pour parvenir au barrage de Mossoul, en prenant au passage le contrôle d'un cinquième gisement pétrolier afin de financer ses opérations. Selon la télévision publique et des témoins, l'Etat islamique est parvenu à s'emparer de la plus grosse retenue d'eau irakienne. Les peshmerga kurdes affirment de leur côté avoir repoussé les islamistes de la région du barrage et en avoir repris le contrôle. ID:nL6N0Q91BQ Les peshmerga ont promis lundi de lancer une contre-offensive. Un responsable kurde a appelé les Etats-Unis à leur fournir des armes "au nom de la lutte contre le terrorisme". Nouri al Maliki n'est d'accord sur rien avec les Kurdes, que ce soit en matière budgétaire, pétrolière ou sur le territoire qu'ils peuvent contrôler. Et ce n'est pas l'arrivée de l'Etat islamique qui s'est emparé au début de l'été de larges portions du territoire irakien dans le Nord et dans l'Ouest, qui a fait baisser la tension. Au contraire. En juillet, comme Nouri al Maliki accusait les Kurdes d'autoriser les islamistes de l'EI à rester à Erbil, la capitale de leur région semi-autonome, le Kurdistan, ils ont exclu toute participation au gouvernement irakien. Lundi pourtant, Nouri al Maliki, accusé de toutes parts d'alimenter les tensions entre les diverses communautés irakiennes, a mis de côté son animosité envers les Kurdes. "Le commandant général des forces armées a ordonné au commandement de l'armée de l'air de fournir un soutien aux forces peshmerga kurdes contre les bandes terroristes de l'Etat islamique", a déclaré le porte-parole militaire du Premier ministre, Kassim Atta, à la télévision. DÉPASSÉS EN NOMBRES De son côté, le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a livré pendant 30 ans une lutte armée contre l'Etat turc, a appelé lundi tous les Kurdes à défendre les leurs en Irak contre les djihadistes de l'EI. "Tous les Kurdes du Nord, de l'Est, du Sud et de l'Ouest, doivent se lever pour contrer l'attaque contre les Kurdes à Sinjar", a déclaré le PKK dans un communiqué publié sur son site internet. Un haut responsable kurde a estimé que la situation dans le nord de l'Irak était "très dangereuse". "Il faut faire quelque chose", a-t-il déclaré sous le sceau de l'anonymat. L'EI, a-t-il ajouté, intimide la population en pratiquant des décapitations. Un colonel kurde affirme que le retrait kurde de dimanche est tactique et que les brigades kurdes vont récupérer tous les territoires perdus dimanche et peut-être même reprendre Mossoul, la plus grande ville du Nord irakien, pourtant fermement aux mains de l'EI. "Nous allons les attaquer jusqu'à leur destruction totale. Nous serons sans pitié", a-t-il dit à Reuters. "Nous reprendrons même Mossoul. Je pense que ce sera terminé dans les prochaines 48 à 72 heures." Cet optimisme n'est pas partagé par tous les chefs militaires kurdes. Mashia Ramazan Fattah rapporte ainsi que la base dans laquelle il se trouvait a été soumise 12 heures durant la nuit dernière à des tirs au mortier de la part de l'Etat islamique. Il dit sa surprise que 500 peshmerga aient pu être submergés en nombres par les combattants de l'Etat islamique, qui les ont contraints à battre en retraite. Un autre commandant ayant requis l'anonymat affirme que les djihadistes ont pris tout le monde par surprise et ont recours à des tireurs d'élite en plus de leurs armements lourds. Dans de nombreux cas, les combattants kurdes se sont tout simplement retrouvés à court de munitions, a-t-il dit. "On ne peut pas continuer à se battre avec seulement des kalachnikovs", a-t-il déclaré. (Avec Daren Butler à Istanbul; Danielle Rouquié pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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