RPT-Les attaques contre les humanitaires atteignent un niveau record

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(Rpt avec sigle français du Bureau humanitaire de l'Onu) par Alex Whiting LONDRES, 19 août (Reuters) - Le nombre d'attaques contre les travailleurs humanitaires a atteint en 2013 un niveau record à travers le monde, l'Afghanistan étant le pays le plus dangereux, montre un rapport rendu public mardi. Au total, 155 travailleurs humanitaires ont été tués, 171 blessés et 134 enlevés en 2013, soit une hausse de 66% par rapport à 2012, selon le rapport du groupe de consultants Humanitarian Outcomes publié à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire. Trois quarts des attaques se sont produits en Afghanistan, en Syrie, au Soudan du Sud, au Pakistan et au Soudan. L'Afghanistan concentre à lui seul 81 attaques. L'année 2014 semble s'inscrire dans cette évolution avec déjà 79 humanitaires tués. "Un travailleur humanitaire tué en accomplissant son devoir, c'est un de trop", déclare Valerie Amos, responsable du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (BCAH) aux Nations unies, dans un communiqué diffusé avant sa participation mardi à une cérémonie à l'abbaye de Westminster à Londres. La principale raison de cette intensification des attaques contre le personnel humanitaire réside dans le changement de nature des conflits, selon le BCAH. Alors qu'autrefois les guerres opposaient généralement des armées nationales, la majorité des conflits se déroulent désormais à l'intérieur même de pays donnés et impliquent des rebelles n'hésitant pas à s'en prendre aux civils. "De plus en plus, nous voyons des belligérants à travers le monde ignorer les règles de la guerre pour atteindre un objectif politique en prenant directement des civils pour cibles, en infligeant des châtiments collectifs, en encourageant les violences ethniques, en entravant la distribution d'une aide humanitaire de premiers secours aux personnes affectées et en attaquant les acteurs humanitaires eux-mêmes", a dit John Ging, directeur des opérations du BCAH, à la Fondation Thomson Reuters. "Cela a un impact énorme non seulement sur la sécurité des travailleurs humanitaires mais aussi sur les millions de personnes à travers le monde dont la survie dépend de la distribution en temps voulu d'une aide humanitaire", a-t-il ajouté. De nombreux experts insistent aussi sur la militarisation croissante de la distribution de l'aide pour expliquer les risques accrus encourus par le personnel humanitaire. En Afghanistan, les forces de l'Otan commandées par les Etats-Unis ont ainsi distribué une aide dans l'espoir notamment de gagner les coeurs de la population. Certaines ONG pensent qu'une telle politique amène les ennemis des forces de l'Otan à considérer toutes les organisations humanitaires comme des cibles légitimes. (Bertrand Boucey pour le service français)

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