RPT-LEAD 3-France-Un plan à 570 millions d'euros pour sauver Alstom-Belfort

le , mis à jour à 17:39
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 (Bien lire autorité administrative et non unité, § 7) 
    * L'Etat va acheter pour 500 millions d'euros de rames TGV 
    * Alstom investira 70 millions d'euros à Belfort 
    * Syndicats et élus locaux satisfaits mais prudents 
 
    par Gilbert Reilhac 
    BELFORT, 4 octobre (Reuters) - La perspective d'une 
fermeture du site historique d'Alstom  ALSO.PA  à Belfort s'est 
éloignée mardi avec la promesse de l'Etat et la SNCF d'anticiper 
des commandes de rames TGV ainsi que celle du groupe d'y 
développer la maintenance. 
    Outre l'accélération de commandes en discussion, l'Etat et 
Alstom mettent sur la table environ 570 millions d'euros de plus 
en achat de rames TGV (15) et en investissements pour assurer la 
pérennité d'un site dont la direction du groupe avait annoncé le 
7 septembre le transfert d'ici deux ans en Alsace. 
    Les mesures annoncées sur place par le secrétaire d'Etat à 
l'Industrie, Christophe Sirugue, aux syndicats d'Alstom et aux 
élus locaux en présence du PDG du groupe, Henri Poupart-Lafarge, 
 préservent les 400 postes directement en jeu, en pleine 
campagne électorale pour l'élection présidentielle de 2017. 
    Le gouvernement et le PDG annoncent dans une déclaration 
commune la commande par l'Etat de 15 rames de TGV Euroduplex 
pour la ligne Intercités Bordeaux-Marseille, en anticipation de 
la transformation des tronçons Bordeaux-Toulouse et 
Montpellier-Perpignan en lignes à grande vitesse (LGV) en 
2025-2030. 
    Ces rames duplex de dernière génération intègrent des 
équipements de signalisation et de traction compatibles avec les 
autres réseaux européens. Cette commande évaluée à 500 millions 
n'affectera le budget de l'Etat qu'en 2021, date prévue pour 
leur livraison, a précisé Christophe Sirugue. 
    Cette commande s'inscrit dans le cadre d'un contrat cadre 
signé le 27 juin 2007 par Alstom et la SNCF, ce qui exonère 
l'Etat de passer par un appel d'offres. 
     
    CENTRE DE MAINTENANCE 
    "L'Etat, parce que c'est une autorité organisatrice pour une 
partie des lignes, est en droit d'acheter des trains qu'il met 
ensuite à la disposition d'un exploitant quel qu'il soit, en 
l'occurrence la SNCF", a expliqué à Reuters le ministre des 
finances, Michel Sapin. 
    La SNCF confirme pour sa part la commande de six rames TGV 
pour la ligne Paris-Turin-Milan et de 20 locomotives de secours 
pour les trains en panne. 
    "L'ensemble de ces commandes permettront de maintenir 
l'expertise et la compétence industrielle du site de Belfort", 
lit-on dans la déclaration commune Sirugue-Poupart-Lafarge. 
    Quelque 70 millions d'euros seront par ailleurs investis au 
cours des prochaines années à Belfort, pour assurer l'avenir du 
site et la diversification de ses activités. 
    Alstom et l'Etat en consacreront 30 au développement du TGV 
du futur, dont les premiers exemplaires seront produits à partir 
de 2021. Le groupe en investira 30 autres pour développer une 
nouvelle plateforme de locomotive de manœuvre diesel ou hybride. 
    Alstom dépensera par ailleurs cinq millions d'euros pour 
faire du site le centre européen de référence de la maintenance 
des locomotives du groupe, qui emploiera 150 personnes à terme 
et cinq autres pour développer de nouveaux types de véhicules, 
en particulier des autobus électriques. 
    "Ça peut être des activités ferroviaires mais aussi du 
domaine du non ferroviaire et notamment du bus, et pourquoi pas 
du bus électrique", a dit Henri Poupart-Lafarge. 
    Les collectivités locales participeront pour leur part à 
hauteur d'un million d'euros à la modernisation du site. 
     
    "ON NOUS A ENTENDUS" 
    L'Etat confirmera enfin avant novembre prochain la commande 
de 30 rames Intercités, ce qui "permettra de conforter le site 
Alstom de Reichshoffen", lit-on encore dans la déclaration. 
    Ces annonces ont été accueillies avec satisfaction par les 
salariés réunis devant la préfecture de Belfort, où avait lieu 
la réunion. 
    "On nous a entendus", a résumé Claude Mandart, coordinateur 
CFE-CGC, selon qui les mesures annoncées donnent une visibilité 
de "trois ans, voire quatre ans", au site de Belfort, "ce qui va 
permettre de faire la jonction avec le TGV du futur".  
    "Ces différentes commandes vont nous permettre de lancer de 
nouvelles activités sur le site de Belfort", s'est de son côté 
félicité Henri Poupart-Lafarge, selon qui ce plan bénéficiera à 
l'ensemble des usines du groupe.     
    Un comité de suivi de la mise en œuvre des engagements pris 
sera constitué. Les syndicats ont obtenu qu'une première réunion 
se tienne avant l'élection présidentielle du printemps 2017. 
    Le député-maire de Belfort Les Républicains, Damien Meslot, 
s'est dit "satisfait mais prudent". 
    "Sur la diversification, on n'a rien de concret et un 
investissement de cinq millions d'euros pour développer un 
nouveau bus électrique, c'est quand même peu", a-t-il déclaré. 
    "La question qu'on se pose, c'est 'tout ça pour ça ?' On 
peut se demander pourquoi on a annoncé la fermeture du site 
d'Alstom alors qu'il restait deux ans de carnet de commandes. On 
a un peu l'impression qu'il y a eu un bras de fer entre la 
direction d'Alstom et les pouvoirs publics", a ajouté l'élu. 
 
 (Avec Emmanuel Jarry et Yann Le Guernigou à Paris, édité par 
Yves Clarisse) 
 

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  • bordo il y a 10 mois

    Du grand délire payé par le contribuable et qui sera retoqué par la Commission. C'est un appel d'offre européen aux termes duquel Siemens a gagné et Alstom a perdu qui a créé les difficultés d'Alstom.