RPT-LEAD 2-Tsaï Ing-wen, pro-indépendance, élue à la présidence de Taïwan

le , mis à jour à 14:20
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 (RPT titre) 
    par Yimou Lee et J.R. Wu 
    TAIPEI, Taïwan, 16 janvier (Reuters) - La chef de file de 
l'opposition taïwanaise favorable à l'indépendance de l'île 
vis-à-vis de la Chine, Tsaï Ing-wen, a été élue samedi à la 
présidence au terme d'un scrutin suivi de très près à Pékin. 
    Dans son discours de victoire, la candidate du Parti 
démocratique progressiste (DPP) a salué la "démocratie 
profondément enracinée" dans la société taïwanaise et annoncé 
qu'elle défendrait la souveraineté taïwanaise. 
    Le Kuomintang, parti nationaliste au pouvoir depuis la 
sécession de l'île en 1949 et dont est issu le président sortant 
Ma Ying-jeou, qui ne pouvait pas briguer un nouveau mandat, 
avait prévenu les électeurs que la question de la stabilité 
était le principal enjeu du scrutin. 
    Son candidat, Eric Chu, a reconnu sa défaite. "Eric Chu a 
déçu tout le monde. Nous avons perdu. C'est la défaite des 
nationalistes", a-t-il déclaré, entouré de ses partisans le 
visage fermé. Il a également annoncé sa démission en tant que 
président du parti nationaliste. 
    Le Premier ministre taïwanais, Mao Chi-kuo, a lui aussi 
démissionné dans la foulée. 
    Devant le siège du DPP, les partisans de Tsaï Ing-wen 
pleuraient eux, mais de joie. 
    "Le peuple taïwanais méprise le parti qui est trop proche de 
la Chine", a déclaré Jeff Chang, 35 ans. Pour Anita Lin, 37 ans, 
"l'avenir de Taïwan n'est pas en Chine. Il est dans le monde." 
     
    UN POSTE PARTICULIÈREMENT DANGEREUX 
    La nouvelle présidente accède à un poste particulièrement 
dangereux, avec la Chine et ses centaines de missiles pointés 
sur l'île.     
    Elle va devoir équilibrer les intérêts de l'hyper puissance 
chinoise, qui est également le premier partenaire commercial de 
Taïwan, et de l'allié américain avec le désir d'autonomie des 
habitants de l'île au régime démocratique. 
    Pékin, qui a suivi le scrutin de très près et a multiplié 
ces derniers mois les mises en garde contre toute velléité de 
déclaration d'indépendance de Taïwan, n'a pas réagi dans 
l'immédiat. 
    Depuis l'élection de 2008 qui a vu la victoire du 
pro-chinois Ma Ying-jeou, les relations entre Taïwan et la Chine 
s'étaient réchauffées. En témoignent les nombreux accords 
commerciaux conclus entre Taïpei et Pékin et la rencontre 
historique de Ma et Xi Jinping en novembre. 
    Mais si les relations avec Pékin se sont améliorées ces 
dernières années, cela n'a pas empêché l'économie de l'île 
d'entrer en récession l'an dernier. 
    La popularité du DPP s'est envolée après les manifestations 
de 2014 contre les accords commerciaux signés par le président 
Ma avec la Chine, dont nombre de Taïwanais redoutent l'influence 
et les ambitions. Des centaines d'étudiants avaient occupé le 
Parlement taïwanais pendant des semaines. 
    Tsaï Ing-wen sait qu'elle à le vent de l'Histoire contre 
elle. Ni Ma, ni ses prédécesseurs n'ont jamais réussi à mettre 
sur pied une réconciliation durable avec la Chine, qui considère 
Taïwan comme une simple province rebelle à reprendre par la 
force si nécessaire. 
    Au milieu des années 1970, des tirs étaient encore échangés 
entre les deux parties. 
 
 (Avec Ben Blanchard, Faith Hung et James Pomfret; Tangi Salaün, 
Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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