RPT-LEAD 2-May demande au Parlement d'accepter le vote souverain pro-Brexit

le , mis à jour à 13:56
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 (RPT avec mention des paragraphes actualisés: § 1-5-11-12-13) 
    * "Les parlementaires doivent accepter ce que le peuple a 
décidé", dit la Première ministre britannique 
    * La Haute Cour de justice a jugé cette semaine que le 
gouvernement devrait solliciter un avis du Parlement 
    * L'opposition travailliste pose des conditions 
 
    par Kylie MacLellan 
    LONDRES, 6 novembre (Reuters) - Theresa May a déclaré 
dimanche que le Parlement britannique devait accepter le vote 
souverain en faveur du Brexit et laisser son gouvernement mettre 
en oeuvre une "sortie intégrale" du Royaume-Uni de l'Union 
européenne. 
    La Première ministre britannique s'exprimait au terme d'une 
semaine marquée par la décision de la Haute Cour de justice qui 
a jugé que son gouvernement devait solliciter l'avis du 
Parlement avant d'enclencher les négociations sur les modalités 
du divorce avec l'UE. 
    "Tandis que d'autres cherchent à nous lier les mains dans la 
négociation, le gouvernement s'acquittera de sa tâche et mettra 
en oeuvre la décision du peuple britannique", dit-elle dans un 
communiqué diffusé avant son départ pour une visite en Inde. 
    "Ce sont les parlementaires qui ont décidé à une écrasante 
majorité de remettre cette décision entre leurs mains (ndlr, des 
électeurs). Le résultat a été clair. Il a été légitime. Les 
parlementaires et leurs semblables qui regrettent le résultat du 
référendum doivent accepter ce que le peuple a décidé", poursuit 
May. 
    Dans une tribune parallèlement publiée dans le Sunday 
Telegraph, elle précise qu'"il est de la responsabilité du 
gouvernement d'accomplir intégralement les instructions" des 52% 
d'électeurs britanniques qui ont voté pour le Brexit le 23 juin 
dernier. 
    En théorie, le Parlement, où une majorité d'élus étaient 
partisans d'un maintien du Royaume-Uni dans l'UE, pourrait 
bloquer le Brexit mais il semble guère probable que les députés 
osent aller à l'encontre de la majorité qui s'est exprimée lors 
du référendum. 
    "Je pense qu'il est hautement improbable qu'au final, le 
Parlement ne soutienne pas une décision d'activer l'article 50", 
a déclaré sur la BBC le ministre britannique de la Santé, Jeremy 
Hunt, en citant l'article du Traité européen de Lisbonne qui 
encadre la procédure de sortie de l'UE. 
     
    LES EXIGENCES DU LABOUR, LES CRAINTES DE L'UKIP 
    L'arrêt de la Haute Cour de justice pourrait cependant 
permettre à des députés de modérer l'approche du gouvernement 
May, qui semble opter pour un "hard Brexit", un "Brexit dur" où 
le souci de sortir des règles européennes en matière 
d'immigration l'emporte sur le maintien de l'accès au marché 
commun. 
    C'est ce que laisse entendre le dirigeant du Parti 
travailliste, Jeremy Corbyn, dans une interview au Sunday 
Mirror. "Nous ne contestons pas le référendum. Nous n'appelons 
pas à un second référendum. Nous demandons un accès au marché 
européen pour l'industrie britannique", explique l'opposant dans 
cette interview. 
    Le leader travailliste réclame aussi le maintien de la 
protection des droits des travailleurs, des garanties pour les 
consommateurs et la protection de l'environnement et la promesse 
que l'Etat britannique compensera tous les investissements 
européens en capital susceptibles de disparaître une fois le 
divorce acté. 
    A l'inverse, les chefs de file du camp du Brexit refusent 
catégoriquement l'idée d'une séparation "light".  
    Nigel Farage, qui a mené la campagne référendaire à la tête 
du Parti de l'indépendance du Royaume-Uni (UKIP), a ainsi 
dénoncé le mouvement qu'il dit voir se dessiner en faveur d'un 
"demi-Brexit", qui maintiendrait le pays dans le marché unique 
européen. 
    "Si le peuple de ce pays pense qu'il va être trompé, qu'il 
va être trahi, alors nous assisterons à une colère politique 
dont nul d'entre nous n'a jamais été le témoin de son vivant 
dans notre pays", a-t-il dit sur la BBC. 
    Le gouvernement a de son côté fait appel de la décision des 
trois juges. La Cour suprême examinera le dossier au début du 
mois prochain. 
    May a informé cette semaine ses interlocuteurs européens 
qu'elle prévoyait toujours d'enclencher la procédure de divorce 
à la fin mars en activant l'article 50 du Traité européen de 
Lisbonne, qui ouvrira une période maximale de deux années pour 
négocier la sortie britannique. 
    "Nous devons nous concentrer sur les moyens d'obtenir le 
meilleur résultat pour notre pays", souligne la Première 
ministre conservatrice dans son communiqué. 
    "Cela passe par le respect de notre plan et de notre 
calendrier", poursuit-elle, ajoutant, fidèle à la stratégie 
qu'elle a faite sienne depuis qu'elle a remplacé David Cameron 
au 10, Downing Street, qu'elle n'a pas l'intention de "mettre 
toutes (ses) cartes sur la table" avant le début des 
négociations formelles avec les Européens. 
    "Ce n'est pas dans notre intérêt national et cela ne nous 
aidera pas à obtenir le meilleur accord pour la 
Grande-Bretagne", dit-elle. 
 
 (avec William Schomberg; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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